Un lycéen éborgné à Tours sort de l’hôpital après un tir de LBD

Maël, un adolescent de 16 ans gravement blessé lors des manifestations lycéennes à Tours fin septembre, a été déclaré sorti de l’hôpital. Cette annonce a été faite par son avocat, Me Colin Verguet, ce mercredi 14 octobre, au lendemain de la mise en examen d’un policier pour « violences aggravées » suite à l’incident.

EN BREF

  • Maël, 16 ans, est sorti de l’hôpital après avoir été éborgné.
  • Un policier a été mis en examen pour violences aggravées.
  • Une enquête est en cours sur les circonstances des tirs de LBD.

Le jeune Maël a quitté l’hôpital ce week-end et est désormais de retour chez lui, bien que des soins médicaux restent nécessaires. Selon Me Verguet, cette sortie représente « une première satisfaction » dans une affaire qui a suscité une vive émotion. Le tir qui a provoqué la blessure de l’adolescent a été effectué par un policier utilisant un lanceur de balle de défense (LBD) lors des manifestations qui ont eu lieu à Tours.

Le parquet de Tours a annoncé, mardi soir, la mise en examen d’un policier impliqué dans le tir, qui est désormais sous contrôle judiciaire. Ce développement a été accueilli avec optimisme par l’avocat de Maël, qui a salué la rapidité des investigations. Le policier en question a également reçu l’interdiction de porter ou de posséder un LBD.

Une autre personne impliquée dans l’incident a été placée sous le statut de témoin assisté. Les examens médicaux ont confirmé que les lésions oculaires subies par Maël étaient compatibles avec un impact d’une balle de défense de type LBD. L’Inspection générale de la police nationale (IGPN) a été saisie de l’affaire pour mener une enquête approfondie.

Selon les premiers éléments de l’enquête, il a été établi que deux tirs de LBD avaient été effectués à une minute d’intervalle par deux policiers. La procureure de la République de Tours, Catherine Sorita-Minard, a précisé que les actes d’enquête ont mis en lumière la concomitance entre le premier tir et la blessure de l’adolescent. Cela soulève des questions sur le respect des conditions légales d’usage des LBD, notamment la nécessité et la proportionnalité de la force utilisée.

Quatre policiers ont été entendus en garde à vue, et la procureure a souligné la complexité de ce type d’intervention, nécessitant une analyse approfondie des circonstances entourant les tirs. Une information judiciaire a été ouverte pour clarifier les faits. Parallèlement, la famille de Maël a décidé de se porter partie civile dans cette affaire, cherchant à obtenir justice pour les blessures subies par leur fils.

Depuis le début du mouvement lycéen, l’IGPN a ouvert un total de trente-six enquêtes pour des violences présumées, dont quatre concernent des blessures mutilantes, comme l’a déclaré le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez. Cette situation met en exergue les tensions croissantes entre la police et les jeunes manifestants, soulevant des inquiétudes sur les méthodes d’intervention policière dans des contextes de manifestations.

Le cas de Maël est devenu emblématique des débats sur l’usage de la force par les forces de l’ordre, et la nécessité d’un cadre légal clair et respecté. Alors que l’enquête se poursuit, l’attention reste fixée sur les conséquences de cet incident et sur les mesures à prendre pour éviter que de tels drames ne se reproduisent.