Jean-Paul Enthoven, père de Raphaël Enthoven et grand-père du fils de Carla Bruni, Aurélien, se trouve au cœur d’une polémique littéraire alors qu’il est en lice pour le prix Renaudot Essai 2026. Le philosophe Frédéric Schiffter l’accuse d’avoir repris plusieurs passages de ses propres ouvrages dans son dernier livre, le Dictionnaire amoureux du bonheur, publié par Plon.
EN BREF
- Jean-Paul Enthoven accusé de plagiat par le philosophe Frédéric Schiffter.
- Similitudes relevées avec des ouvrages précédents de Schiffter.
- Enthoven reconnaît des emprunts et prévoit une nouvelle impression de son livre.
La rentrée littéraire de cette année est marquée par une controverse qui touche directement Jean-Paul Enthoven. Son ouvrage, qui figure parmi les prétendants au prestigieux prix Renaudot, est sous le feu des critiques suite aux accusations de Frédéric Schiffter. Ce dernier a mis en évidence des ressemblances troublantes entre le Dictionnaire amoureux du bonheur et ses propres livres, notamment Le Charme des penseurs tristes, publié en 2013, et le Dictionnaire chic de philosophie, sorti l’année suivante.
Les accusations de plagiat ne se limitent pas à des simples ressemblances stylistiques. Schiffter a relevé des similitudes dans des passages traitant de figures comme Nietzsche ou d’Hérault de Séchelles, ainsi que des réflexions sur des thèmes tels que le bonheur et la mélancolie. Ces observations ont été relayées par le site ActuaLitté, qui a mis en lumière des enchaînements d’idées et des expressions très proches entre les deux auteurs. Le philosophe a également noté que certaines citations présentes dans son œuvre apparaissent dans le dictionnaire d’Enthoven sans attribution appropriée.
Cette situation a pris une tournure encore plus délicate lorsque, le 25 avril 2025, Jean-Paul Enthoven avait plaisanté sur Instagram, affirmant qu’il était contraint de « piller » ses « penseurs tristes ». Ce commentaire, à la lumière des accusations actuelles, semble maintenant inopportun et soulève des questions sur l’intégrité littéraire de l’écrivain.
Face à ces accusations, Jean-Paul Enthoven a réagi en contactant Frédéric Schiffter. Dans un message privé, il a reconnu qu’il y avait du vrai dans les remarques de son confrère, bien qu’il ait souligné n’avoir cité Schiffter que deux fois dans son ouvrage. Enthoven a également reconnu que ces citations n’étaient « sans doute pas assez » nombreuses. Il a annoncé qu’une nouvelle édition de son livre serait imprimée, avec des guillemets ajoutés aux passages problématiques.
Frédéric Schiffter, malgré ses accusations de « piratage » et de « larcin », a déclaré ne pas envisager de poursuites judiciaires. Il est d’avis que les citations explicites présentes dans l’ouvrage du Dictionnaire amoureux ne suffisent pas à justifier les nombreux emprunts qu’il a relevés. Cette controverse pourrait-elle nuire au parcours du livre d’Enthoven dans la compétition pour le prix Renaudot ? Les prochaines semaines seront décisives pour cet écrivain, dont la carrière pourrait être affectée par ces révélations.
En fin de compte, cette affaire soulève des questions plus larges sur le plagiat et la manière dont les idées circulent dans le monde littéraire. Jean-Paul Enthoven, en tant que figure reconnue, doit naviguer avec soin dans ces eaux troubles, tout en poursuivant sa quête pour un prix littéraire prestigieux.