En 2025, la France a enregistré un nombre tragique de 111 féminicides, ces meurtres commis par des conjoints ou ex-conjoints. Ce chiffre représente une augmentation de 4 % par rapport à l’année précédente, selon les données récemment publiées par le ministère de l’Intérieur. Ce bilan, dévoilé mercredi, souligne une tendance inquiétante et une montée des violences au sein du couple.
EN BREF
- 111 femmes ont été tuées par leur partenaire en 2025, soit une hausse de 4 %.
- Des violences antérieures ont été signalées dans 37 % des cas.
- Un homicide est enregistré tous les trois jours en moyenne.
Au total, 136 meurtres violents ont été recensés dans le cadre des relations de couple, incluant 25 hommes victimes, ce qui représente une baisse de 19 % pour cette catégorie. Le rapport indique qu’en moyenne, un homicide est enregistré tous les trois jours, une statistique qui interpelle et qui doit inciter à une réflexion approfondie sur les dynamiques de la violence conjugale.
Les données révèlent également un nombre alarmant de tentatives d’homicides : 435 ont été signalées au cours de l’année. Parmi les féminicides et homicides conjugaux, 76 % des violences ont eu lieu au domicile du couple concerné. Ce contexte domestique, souvent perçu comme un espace de sécurité, se transforme en scène de crime dans de trop nombreux cas.
Les armes utilisées dans ces actes de violence sont préoccupantes. L’étude fait état de 52 cas impliquant des armes blanches et de 30 avec des armes à feu. De plus, il est rapporté qu’une partie significative des faits de violence (26 %) a été précédée de disputes, tandis que 22 % des incidents se sont produits dans le cadre de séparations non acceptées.
Le profil des auteurs de ces violences est également troublant. La majorité sont des hommes, souvent en couple, de nationalité française, et généralement sans emploi ou n’exerçant plus d’activité professionnelle. L’âge médian des auteurs est de 50 ans, bien qu’un pic notable soit observé chez les individus âgés de 30 à 39 ans.
En ce qui concerne les victimes, 37 % d’entre elles avaient déjà subi des violences antérieures. Parmi celles qui avaient signalé ces violences, 61 % avaient alerté les forces de l’ordre, et 88 % d’entre elles avaient déposé plainte. Alors que des dispositifs de protection comme le « téléphone grave danger » et le bouton d’alerte « Monshérif » existent, il est clair que ces mesures ne suffisent pas à endiguer ce fléau.
La lutte contre les féminicides est également soutenue par des collectifs qui s’efforcent de recenser ces tragédies. Le collectif Féminicides a enregistré 75 décès de femmes par leurs conjoints jusqu’au 8 octobre 2026. En revanche, le collectif NousToutes élargit la définition des féminicides, mettant en lumière le meurtre d’une femme en raison de son genre et l’influence du patriarcat dans la persistance de ces violences.
Ces données, bien que tragiques, doivent servir de catalyseur pour des actions plus efficaces contre les violences faites aux femmes. La prise de conscience collective et des mesures concrètes sont nécessaires pour changer cette réalité alarmante et protéger les victimes potentielles.
Il est essentiel que la société tout entière se mobilise pour lutter contre ce fléau, en apportant une attention particulière aux signes avant-coureurs et en soutenant les victimes. La lutte contre les féminicides ne doit pas être seule l’affaire des autorités, mais un enjeu partagé par chaque membre de la communauté.