Le 17 juin 2025, un drame est survenu à Saint-Lô, dans la Manche. Axel, un élève de seconde générale, a perdu la vie lors de son stage d’observation en entreprise, un événement tragique qui soulève des questions sur la sécurité des jeunes en milieu professionnel. Ce mercredi 10 juin 2026, son père, Arnaud Darthenay, s’est exprimé sur RMC, exprimant sa colère et son incompréhension face à cette situation.
EN BREF
- Axel, élève de seconde, est mort écrasé par des marchandises en stage d’observation.
- Son père réclame la suppression de ces stages, jugés inutiles et dangereux.
- Une proposition de loi sera présentée pour mettre fin à leur caractère obligatoire.
Le jeune Axel était en stage dans un magasin Gifi lorsqu’il a été écrasé par des marchandises tombées d’une palette en cours de déchargement. Les enquêtes menées par la police et l’inspection du travail tentent de déterminer les circonstances précises de cet accident, mais les conclusions ne seront pas disponibles avant la fin juillet.
Sur le plateau d’Apolline Matin, Arnaud Darthenay a exprimé son incompréhension, indiquant que son fils n’avait ni contrat ni salaire, mais que l’accident était tout de même qualifié d’accident du travail. « Ce que je ne comprends pas, c’est que ces stages sont supposés être des formations, mais le risque est réel », a-t-il déclaré.
Alors que les stages de seconde doivent débuter du 15 au 26 juin 2026, M. Darthenay a dénoncé l’inutilité de ces stages d’observation, affirmant qu’ils ne font que distraire les élèves pendant la période du baccalauréat. « Les stages de bac pro ont leur importance, mais ces stages d’observation ne servent à rien. Trouver un stage est compliqué, souvent par le réseau ou la famille. Ces jeunes passent leur temps à ne rien faire, à regarder », a-t-il ajouté.
En tant que chef d’entreprise, il a également souligné le manque de préparation et d’encadrement lors de ces stages. « Il n’y a pas de suivi, parfois un simple appel téléphonique pour vérifier le comportement de l’enfant. C’était déjà inadmissible, mais après la mort d’Axel, la situation est devenue inacceptable », a-t-il affirmé.
Les statistiques avancées par M. Darthenay sont alarmantes : en un an, six mineurs ont perdu la vie lors de stages d’observation. Suite à de tels incidents, l’Éducation nationale avait promis de renforcer les conditions de sécurité, notamment après le décès d’un élève de lycée professionnel à Nîmes. Pourtant, rien n’a été mis en place, selon le père d’Axel.
Les enseignants partagent ce constat. Laurent, enseignant en science de l’ingénieur, a déclaré que ces stages n’apportaient rien aux élèves. « Il n’y a pas de suivi, les professeurs sont occupés par les examens du bac, et au retour des élèves, il n’y a pas d’évaluation de leur stage. C’est une mesure qui ne pouvait pas fonctionner », a-t-il affirmé.
En réponse à cette tragédie, les parents d’Axel ont déposé une plainte pour « homicide involontaire ». Une enquête est en cours pour élucider les circonstances de l’accident et vérifier le respect des lois sur le travail des jeunes.
Depuis 2005, les collégiens de troisième doivent effectuer cinq jours de stage en entreprise. Depuis 2024, les lycéens de seconde générale et technologique doivent également réaliser un stage de deux semaines, mais uniquement à leur initiative. Face à cette situation, une proposition de loi sera présentée ce mercredi à l’Assemblée nationale par le député LFI Paul Vannier, visant à abolir les stages d’observation de seconde et à rendre ceux de troisième non obligatoires.
Ce débat soulève des questions essentielles sur la sécurité et l’encadrement des jeunes en milieu professionnel. Les témoignages de familles touchées par des accidents tragiques comme celui d’Axel mettent en lumière la nécessité d’une réforme urgente dans l’organisation de ces stages, afin de prévenir de futurs drames.