Accusations de Sara Netanyahou : un complot présumé autour de l’attaque du 7 octobre

Le climat politique en Israël est particulièrement tendu à l’approche des élections législatives prévues prochainement. Dans ce contexte, Sara Netanyahou, l’épouse du Premier ministre israélien, a suscité la controverse en laissant entendre, lors d’une interview, qu’un chef de l’opposition aurait eu connaissance d’une attaque imminente le 7 octobre 2023.

EN BREF

  • Sara Netanyahou accuse un chef de l’opposition d’avoir anticipé l’attaque du 7 octobre.
  • Les déclarations provoquent une forte réaction de l’opposition, notamment du général Yaïr Golan.
  • Des sondages révèlent que de nombreux Israéliens croient à une trahison interne lors de cette attaque.

Lors de son intervention sur la chaîne 14, proche du gouvernement, Sara Netanyahou a ciblé Yaïr Golan, un ancien général devenu homme politique à la tête du parti « Les Démocrates ». Elle a affirmé que Golan était « déjà habillé et prêt » à l’aube du jour de l’attaque, ce qui, selon elle, le distinguait de nombreux autres, y compris son mari, le Premier ministre, qui n’étaient pas informés de ce qui allait se passer.

Le 7 octobre, jour de l’attaque surprise des commandos du Hamas, Yaïr Golan a pris la décision d’intervenir personnellement en prenant son arme pour tenter de sauver des vies. Il aurait ainsi secouru au moins six personnes lors du massacre qui a suivi, faisant au total 370 victimes. Son acte héroïque a été salué, mais les récentes accusations de Sara Netanyahou mettent désormais son héroïsme en question.

Les déclarations de l’épouse du Premier ministre ont provoqué une levée de boucliers au sein de l’opposition. Le parti de Golan a dénoncé ces accusations comme étant une théorie du complot, franchissant « une ligne rouge qui frise la folie ». Golan lui-même a exigé des excuses dans un délai de 24 heures, ainsi qu’une compensation pour les survivants du festival Nova, où le massacre a eu lieu.

Ces accusations s’inscrivent dans un contexte plus large, où des théories du complot semblent se répandre au sein de la classe politique israélienne. Un sondage effectué pour la chaîne 13 en août dernier a révélé que 40 % des Israéliens et 63 % des électeurs de la coalition actuelle croient en une trahison interne ayant conduit à la tragédie du 7 octobre.

Cette attaque a causé la mort de 1.221 personnes, principalement des civils, et a conduit à une offensive israélienne dans la bande de Gaza, qui a à son tour causé plus de 73.000 décès, d’après le ministère de la Santé palestinien, dont les chiffres sont jugés fiables par l’ONU. Depuis octobre 2025, un cessez-le-feu précaire est en vigueur, mais les tensions demeurent palpables.

Les déclarations de Sara Netanyahou ne sont pas seulement une question de politique interne, mais touchent également à des enjeux émotionnels et humains profonds. À quelques semaines des élections, ces accusations pourraient avoir des répercussions significatives sur le paysage politique israélien.