Accusations de viol contre un ancien évêque de Tarbes et Lourdes, héros de la Résistance

Une nouvelle affaire secoue le diocèse de Tarbes et Lourdes. Pierre-Marie Théas, ancien évêque et reconnu pour son engagement dans la Résistance durant la Seconde Guerre mondiale, est désormais au cœur d’accusations graves. Un ancien élève de l’établissement catholique de Bétharram, où Mgr Théas a exercé, a porté plainte pour des violences psychologiques, physiques et sexuelles, dont un viol qu’il aurait subi en 1971.

EN BREF

  • Un ancien élève accuse Pierre-Marie Théas de viol et de violences.
  • Mgr Théas, héros de la Résistance, est décédé en 1977.
  • Une enquête interne est en cours, l’Inirr se réunit le 6 octobre.

Le plaignant, qui a choisi de rester anonyme, dénonce des actes de violence qu’il a subis durant sa scolarité à Notre-Dame de Bétharram, dans les Pyrénées-Atlantiques. Selon ses dires, le viol aurait eu lieu dans un bâtiment isolé de l’établissement par un « vieux prêtre ». Cette accusation a été révélée par le site d’investigation Mediapart.

L’évêque actuel de Tarbes et Lourdes, Jean-Marc Micas, a pris connaissance de la situation en juillet 2026. Dans un communiqué, il a exprimé sa préoccupation face à ces allégations et a confirmé que le plaignant avait sollicité l’Instance nationale indépendante de reconnaissance et de réparation (Inirr), mise en place par l’Église catholique en 2021 pour traiter ce type de signalement.

Mgr Micas a déclaré que des recherches approfondies dans les archives diocésaines n’avaient pas permis de corroborer les accusations. L’évêque de Bayonne, Marc Aillet, a également confirmé que des vérifications rigoureuses avaient été effectuées, mais qu’aucun élément n’avait été trouvé pour étayer la véracité de ces allégations.

Il est essentiel de noter que Pierre-Marie Théas, mort en 1977, avait été reconnu « Juste parmi les nations » pour son engagement en faveur des juifs durant la guerre. Ce statut de héros rend la situation d’autant plus complexe et délicate. Les accusations portées contre lui relancent des débats sur la manière dont l’Église catholique gère les affaires de violences sexuelles au sein de ses institutions.

Le collège de l’Inirr doit se réunir le 6 octobre pour examiner la demande d’indemnisation du plaignant. Cette instance a été créée pour aider les victimes de violences sexuelles au sein de l’Église, à la suite d’un rapport de la Commission indépendante sur les abus sexuels dans l’Église (Ciase) qui révélait l’ampleur des abus commis.

Une ONG, l’Institut Louis Joinet (IFDJ), a également mené une enquête sur les violences au sein de l’établissement de Bétharram. Selon ses estimations, entre 700 et 1 500 enfants scolarisés dans cet établissement et d’autres institutions religieuses de la même congrégation auraient été potentiellement victimes de violences sexuelles, physiques ou psychologiques entre 1950 et la fin des années 1990.

Cette affaire rappelle le besoin de transparence et de justice pour les victimes d’abus, et soulève des questions sur le passé de l’Église et sur la manière dont elle traite ces accusations. L’évolution de cette enquête pourrait avoir des répercussions importantes sur la perception de l’institution religieuse et sur la confiance des fidèles.