Achraf Hakimi, défenseur du Paris Saint-Germain, se trouve à l’aube d’un procès qui pourrait marquer un tournant dans sa carrière. Accusé de viol par une jeune femme rencontrée sur les réseaux sociaux, le joueur de 27 ans sera jugé par la cour criminelle des Hauts-de-Seine. Cette affaire, qui a débuté en février 2023, suscite un vif intérêt médiatique et soulève des questions sur la justice dans le milieu sportif.
EN BREF
- Achraf Hakimi, défenseur du PSG, renvoyé devant la cour criminelle pour viol présumé.
- La plaignante accuse le joueur d’attouchements non consentis et de viol en 2023.
- Le procès soulève des débats sur la justice et le mouvement Me Too dans le football.
Les faits remontent à la fin du mois de février 2023, lorsqu’une femme de 24 ans a signalé avoir été victime d’attouchements non consentis et de viol dans son domicile de Boulogne-Billancourt, après avoir rencontré Achraf Hakimi via Instagram. Bien que la plaignante se soit rendue au commissariat du Val-de-Marne, elle n’a pas immédiatement déposé plainte.
Rapidement, l’affaire a pris de l’ampleur. En mars 2023, Hakimi a été mis en examen, et depuis, le dossier a été alimenté par des rebondissements judiciaires et des prises de parole médiatiques. En août 2025, le parquet de Nanterre a requis un procès, conduisant à la décision du juge d’ordonner la comparution du joueur devant la cour criminelle.
La défense d’Hakimi, représentée par Me Fanny Colin, conteste les accusations, qualifiant le dossier de « vide » et faisant valoir qu’il s’agit d’une « seule parole contre la sienne ». L’avocate souligne que la plaignante aurait entravé les investigations, refusant des examens médicaux et de fournir des éléments clés à l’enquête. Deux expertises psychologiques présentées par la défense remettraient également en question la lucidité de la plaignante sur les faits.
De l’autre côté, Rachel-Flore Pardo, l’avocate de la plaignante, a exprimé son soulagement face à la tenue du procès. Elle dénonce les tentatives de « contre-feux » médiatiques du clan Hakimi et insiste sur le fait qu’aucune tentative de chantage n’a été prouvée. Cette affaire met également en lumière les défis auxquels fait face le mouvement Me Too dans le monde du football, où la parole des victimes peine à se faire entendre.
Achraf Hakimi a pris la parole après l’annonce de son renvoi en procès, affichant une volonté de défendre son innocence. Dans un entretien à Canal+, il a déclaré sa détermination à se battre « jusqu’au bout pour que la vérité éclate ». Son équipe met en avant l’absence d’éléments matériels et souligne les nombreux points à décharge en faveur du joueur.
Dans cette période troublée, Hakimi peut compter sur le soutien de ses proches, notamment de son coéquipier Kylian Mbappé, qui est décrit comme une présence « indéfectible » à ses côtés. Ce soutien contraste avec la tension qui règne dans le débat public, où certains rappellent l’importance d’une justice indépendante, éloignée des procès médiatiques, tandis que d’autres restent vigilants quant à la reconnaissance des victimes dans un milieu où le mouvement Me Too est encore en quête de résonance.
Alors que cette affaire continue de faire couler beaucoup d’encre, elle illustre les enjeux cruciaux qui entourent les accusations de violences sexuelles, notamment dans le contexte du sport professionnel. Le procès d’Achraf Hakimi sera sans aucun doute un moment clé, tant pour le joueur que pour les discussions sociétales en cours.