Le gouvernement britannique fait face à une pression croissante en raison de l’affaire Epstein. Ce mardi 24 février, lors d’une séance au Parlement, il a annoncé son intention de rendre publics des documents relatifs à la nomination du prince Andrew en tant qu’envoyé spécial au Commerce en 2001. Cette décision survient peu après l’arrestation de l’ex-ambassadeur Peter Mandelson, également impliqué dans cette affaire controversée.
EN BREF
- Le gouvernement britannique prévoit de publier des documents sur le prince Andrew.
- Peter Mandelson, ex-ambassadeur, a été arrêté, lié à l’affaire Epstein.
- Les révélations soulèvent des questions sur l’impunité au sein de l’establishment britannique.
La situation actuelle a pris une tournure alarmante avec l’arrestation récente de Peter Mandelson, qui a été placé en garde à vue par la police, soupçonné d’avoir transmis des informations sensibles à Jeffrey Epstein, le financier américain reconnu coupable de crimes sexuels. L’exécutif britannique, sous pression, a décidé de soutenir une motion déposée par le parti libéral-démocrate, appelant à la publication de documents concernant la nomination du prince Andrew, un poste qu’il a occupé jusqu’en 2011.
Chris Bryant, secrétaire d’État au Commerce, a souligné l’importance de ces documents pour les victimes des actes d’Epstein. Il a déclaré que le gouvernement doit faire preuve de transparence, tout en veillant à ne pas compromettre l’enquête en cours. Les critiques à l’égard du prince Andrew, dont les titres ont été annulés par Charles III à la suite de cette affaire, se sont intensifiées. Bryant l’a qualifié d’« homme grossier et arrogant », soulignant une perte de confiance envers les membres de la famille royale.
Ed Davey, chef des libéraux-démocrates, a également exprimé son indignation, qualifiant l’affaire Epstein de scandale profondément britannique. Il a appelé le gouvernement à mettre fin à l’impunité qui a permis à des personnalités de haut rang d’échapper à la justice. Ses déclarations résonnent alors que les enquêtes se poursuivent et que les révélations sur les liens d’Andrew et de Mandelson avec Epstein continuent de perturber l’establishment politique du Royaume-Uni.
Le gouvernement a déjà pris des mesures pour publier des documents sur Peter Mandelson, dont la nomination en tant qu’ambassadeur à Washington avait fait l’objet de controverses. La ministre de l’Éducation, Bridget Phillipson, a annoncé qu’une première tranche de documents serait rendue publique début mars, tout en insistant sur la nécessité de filtrer les informations sensibles qui pourraient nuire à la sécurité nationale.
Les arrestations de Mandelson et Andrew Mountbatten-Windsor sont survenues après la publication de nouveaux documents par le ministère américain de la Justice, renforçant les allégations de collusion avec Epstein. Andrew Lownie, biographe du prince Andrew, a révélé que Mandelson et Tony Blair, ancien Premier ministre, avaient joué un rôle clé dans sa nomination, une décision qui semble maintenant de plus en plus contestée.
Les répercussions de l’affaire vont au-delà des simples arrestations. Elles mettent en lumière des relations troublantes au sein du gouvernement britannique, soulevant des questions sur l’intégrité et l’éthique des personnalités politiques. Le Premier ministre Keir Starmer, en particulier, subit une pression accrue pour expliquer les nominations passées et son rôle dans cette affaire. Il a présenté ses excuses aux victimes et a vu plusieurs membres de son équipe démissionner en raison de cette crise.
Alors que le Royaume-Uni se retrouve à un tournant dans cette affaire, la publication des documents pourrait offrir un aperçu crucial des liens entre l’establishment politique et des figures controversées comme Epstein. Les prochaines semaines s’annoncent déterminantes pour la transparence du gouvernement et la quête de justice pour les victimes de cette affaire tentaculaire.