Lors d’une interview accordée à « 8h30 franceinfo » le samedi 13 juin 2026, Aleksandar Nikolic, député européen et porte-parole du Rassemblement national, a exprimé des critiques acerbes à l’encontre de Gérald Darmanin, ministre de la Justice. Suite à la tragique affaire de Lyhanna, il a affirmé qu’en lieu et place de Darmanin, il aurait démissionné, soulignant un bilan jugé insuffisant en matière de lutte contre les violences sexuelles sur les mineurs.
EN BREF
- Aleksandar Nikolic critique Gérald Darmanin sur son bilan face aux violences sexuelles.
- Le Rassemblement national demande sa démission après la mort de Lyhanna.
- Des propositions de loi pour mieux protéger les victimes sont en discussion.
Lors de cette intervention, Nikolic a pointé du doigt les promesses non tenues du ministre concernant les obligations de quitter le territoire français (OQTF). Selon lui, même un éventuel remplacement de Darmanin par un autre membre de la majorité présidentielle ne changerait rien à la situation. Il a affirmé que la France connaît actuellement le « pire bilan sécuritaire en Europe » et appelle à une réflexion profonde sur les mesures à mettre en place.
Concernant la lutte contre les violences sexuelles, le porte-parole du Rassemblement national n’a pas clairement pris position sur la « loi intégrale » portée par la députée socialiste Céline Thiébault-Martinez, qui vise à protéger les femmes et les enfants en danger. Néanmoins, il a exprimé son soutien à toute initiative visant à protéger les victimes et à réduire le laxisme judiciaire. Cette proposition de loi, jusqu’à présent jamais examinée, a reçu un élan favorable de la part de la présidente de l’Assemblée nationale, qui a demandé son inscription à l’ordre du jour de la prochaine session extraordinaire.
Nikolic a également mis en avant la nécessité de mesures concrètes, telles que l’augmentation des moyens alloués à la justice et l’instauration de peines minimales pour les infractions liées aux violences sexuelles. Il a insisté sur l’importance d’améliorer le fonctionnement de l’Ofmin, l’Office des mineurs, pour mieux lutter contre ces violences.
Dans ce contexte, il a évoqué la nécessité d’avoir plus d’infirmières scolaires pour accompagner les jeunes et a laissé entendre que des réformes étaient nécessaires au sein de l’éducation. Bien qu’il n’ait pas précisé sa position sur les espaces de formation à la vie affective et relationnelle, qui sont souvent critiqués par le Rassemblement national, il a affirmé que des efforts doivent être faits pour protéger les enfants.
La Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles faites aux enfants (Ciivise) a récemment appelé à la mise en œuvre immédiate de ses recommandations, qui incluent des mesures telles qu’un entretien annuel et un dépistage systématique à l’école. Cette évaluation de l’action gouvernementale sur ces questions sera rendue publique dans les jours à venir.
Les déclarations de Nikolic et les débats qui en découlent s’inscrivent dans un contexte troublé où la protection des enfants et des victimes de violences sexuelles est au cœur des préoccupations sociétales. La mort de Lyhanna a ravivé les tensions et les attentes vis-à-vis des responsables politiques, qui doivent faire face à des demandes croissantes de changement.