Affaire Patrick Bruel : une journaliste canadienne dévoile un signalement de 2017

L’affaire Patrick Bruel prend une tournure inattendue alors qu’une journaliste québécoise a décidé de sortir du silence pour partager son expérience. Dans les colonnes du magazine Elle, elle révèle avoir été victime d’agression sexuelle par le chanteur en avril 2017, à Montréal. Ce témoignage met en lumière un signalement déposé à la police canadienne peu après les faits, le premier connu à ce jour.

EN BREF

  • Une journaliste québécoise accuse Patrick Bruel d’agression sexuelle en 2017.
  • Elle a déposé un signalement auprès de la police canadienne peu après les faits.
  • Ce témoignage constitue le premier signalement connu concernant le chanteur.

À l’époque de l’incident, la journaliste, âgée de 28 ans, travaillait pour une radio locale francophone. Lors d’une interview dans un hôtel de luxe, l’entretien a pris une tournure inquiétante. Après avoir commencé l’interview, Bruel aurait proposé de poursuivre la conversation dans sa suite, où il aurait tenté de l’embrasser de force après avoir bloqué l’accès à la porte.

« Il me serre vraiment très très fort et me dit : ‘C’est bon de te sentir contre moi’ », a-t-elle déclaré à Elle. Après avoir repoussé le chanteur, elle aurait réussi à fuir la pièce, traumatisée par l’incident. Elle a ensuite noté chaque détail dans un cahier, qu’elle a fourni comme preuve au magazine, témoignant de la gravité de la situation.

Le retour chez elle a été marqué par la peur et l’angoisse. Elle a rapidement informé sa supérieure hiérarchique de l’incident, mais a reçu une réponse que beaucoup de femmes connaissent trop bien : une banalisation de la situation. Ce témoignage souligne le climat de méfiance et de minimisation auquel font face de nombreuses victimes lorsqu’elles tentent de dénoncer des comportements inappropriés.

Le 5 octobre 2017, la journaliste a déposé un signalement, équivalent à une main courante, à la police de Montréal. Ce signalement est désormais considéré comme la première trace officielle d’agression à l’encontre de Patrick Bruel, bien avant que le nom du chanteur ne soit associé à une quelconque accusation publique.

Cette révélation a des implications significatives. Elle démontre qu’une alerte avait été donnée aux autorités canadiennes des années avant que d’autres témoignages n’émergent, notamment ceux publiés par Mediapart en mai 2026. En effet, près de quinze autres victimes ont depuis pris la parole, chacune apportant son propre récit de violences sexuelles présumées.

La reconnaissance de la journaliste en tant que victime par l’administration québécoise constitue également un tournant. La CNESST a reconnu une « atteinte permanente » et une « perte de jouissance de la vie », des termes qui traduisent un impact durable sur sa vie personnelle et professionnelle.

Du côté de Patrick Bruel, l’attachée de presse historique du chanteur a fermement contesté les accusations. Bien qu’elle ait reconnu avoir été informée d’un « souci » concernant la journaliste à l’époque, elle a affirmé n’avoir jamais été témoin de comportements déplacés. Bruel lui-même aurait minimisé l’incident, le qualifiant de simple « hug », tandis que les récits de la journaliste évoquent des actes bien plus graves.

La situation judiciaire de Patrick Bruel s’est intensifiée, avec plusieurs plaintes déposées en France et en Belgique. Les enquêtes, menées par les parquets de Paris, Saint-Malo et Bruxelles, continuent d’évoluer. La pression monte également du côté du public, alors qu’une pétition signée par des personnalités du milieu culturel appelle à l’annulation de ses concerts, tandis que d’autres défendent le maintien des représentations pour soutenir les équipes techniques impliquées.

Ce témoignage québécois apporte une dimension internationale à une affaire qui ne cesse de croître. Il soulève également une question essentielle : combien d’autres signalements similaires pourraient exister dans des fichiers de police à travers le monde, sans que les autorités n’en prennent réellement connaissance ? La voix de cette journaliste, qui a osé parler en 2017, résonne aujourd’hui comme un appel à la vigilance et à l’écoute.