Affaire Prizzon : la mère d’une victime réclame un procès en France

La demande de justice prend une tournure internationale dans l’affaire Cédric Prizzon, un ex-policier français actuellement incarcéré au Portugal. Soupçonné d’enlèvement et de double homicide, Prizzon est accusé d’avoir tué son ex-compagne, Audrey Cavalié, et sa conjointe, Angela Legobien. Les deux femmes, toutes deux de nationalité française, ont été retrouvées mortes dans des conditions tragiques.

EN BREF

  • Cédric Prizzon, ex-policier, est accusé d’avoir tué deux femmes au Portugal.
  • La mère d’Audrey Cavalié demande que le procès se déroule en France.
  • Des organisations militent pour une justice rapide et efficace dans cette affaire.

Le 26 mars 2026, Cédric Prizzon a quitté le tribunal de Vila Nova de Foz Côa, où il est détenu. Les circonstances de l’affaire sont graves : Prizzon est soupçonné d’avoir asphyxié Audrey Cavalié, âgée de 40 ans, et Angela Legobien, 26 ans, toutes deux mères de ses enfants. Les corps des victimes ont été découverts enterrés dans une zone isolée du district de Bragança, au nord du Portugal.

Me Fabien Arakélian, l’avocat de la mère d’Audrey Cavalié, a souligné que la nationalité française des victimes et de l’accusé pourrait justifier un procès en France. Pour lui, « en droit, rien n’interdit aujourd’hui que ce dossier soit géré par la justice française ». Cette position soulève une question importante : la justice doit-elle être rendue dans le pays d’origine des victimes, surtout lorsque des éléments de l’affaire sont transnationaux ?

Cédric Prizzon, âgé de 42 ans, a été arrêté lors d’un contrôle routier, en compagnie de ses enfants, qui ont depuis été rapatriés en France. L’avocat a également précisé que le corps d’Audrey Cavalié avait été rapatrié récemment. La situation actuelle de Prizzon reste floue, avec des informations limitées sur le déroulement de sa détention au Portugal.

Le parquet du tribunal de Montpellier, où une enquête judiciaire a été ouverte, n’a pas répondu aux demandes d’informations concernant un éventuel mandat d’arrêt européen pour transférer Prizzon en France. Cette incertitude alimente les craintes exprimées par la mère de la victime, qui souhaite que son affaire avance rapidement.

Dans un contexte plus large, l’Union nationale des familles de féminicides (UNFF) a publié un communiqué aux côtés de l’avocat, qualifiant l’affaire Prizzon de « cas emblématique des défaillances institutionnelles face aux violences masculines ». Cette association appelle à une prise de conscience et à des mesures concrètes pour garantir la justice et la sécurité des femmes.

Les défaillances de la justice face à des actes de violence répétée, comme ceux que l’on prête à Prizzon, soulèvent des enjeux cruciaux. En effet, l’accusé aurait un long passé judiciaire, marqué par des violences et du harcèlement, ce qui alerte les défenseurs des droits des femmes. Ils interpellent le gouvernement français, notamment le ministre de la Justice, Gérald Darmanin, pour obtenir des réponses claires sur les actions à entreprendre pour garantir l’extradition de Prizzon.

En définitive, l’affaire Prizzon est loin d’être résolue et continue de soulever des questions fondamentales sur la justice transnationale et la protection des victimes. L’issue de ce dossier pourrait marquer un tournant dans la manière dont les affaires de violence à caractère sexuel sont traitées, tant en France qu’à l’international.