Agathe Lecaron, aujourd’hui animatrice de Télématin sur France 2, revient sur ses débuts à la télévision dans un entretien révélateur accordé à Paris Match. À 52 ans, elle évoque sans détour les remarques sexistes qui ont jalonné son parcours, notamment une phrase d’un patron de chaîne qui, en 2026, ferait scandale. Cet échange met en lumière le chemin parcouru par la société en matière d’égalité et de respect des femmes dans le milieu audiovisuel.
EN BREF
- Agathe Lecaron se remémore des remarques sexistes reçues au début de sa carrière.
- Elle a longtemps perçu ces commentaires comme des compliments, révélant une évolution de son regard.
- Son parcours l’a conduite à un engagement féministe, influencé par son rôle à La Maison des maternelles.
Dans cet entretien, Agathe Lecaron, qui a débuté sa carrière à la télévision belge avant de rejoindre TF1, souligne l’évolution lente mais certaine du paysage audiovisuel. À ses débuts, les règles du jeu étaient simples : être jolie et sexy pour se faire repérer. Elle se rappelle avec ironie : « Pour être repérée sur les chaînes privées, il fallait être jolie et sexy. Si en plus on avait du talent, c’était mieux. » Cette pression sur l’apparence physique était omniprésente, et elle a longtemps essayé de s’y conformer.
Pourtant, elle affirme aujourd’hui avoir trouvé une autre voie. « Je ne suis pas dans la séduction, je suis le clown de service », déclare-t-elle, soulignant ainsi qu’elle préfère être perçue sous un autre angle. Cette attitude, selon elle, l’a protégée des violences et des abus dont d’autres femmes ont été victimes. « Je suis une grande gueule, je ne plaisais pas aux hommes, je n’étais pas une cible », explique-t-elle, tout en reconnaissant avoir assisté à des scènes qui la révolteraient aujourd’hui.
Un passage particulièrement marquant de son témoignage est celui où elle se remémore une phrase crue d’un patron de chaîne : « Tu es mignonne, montre-le-nous, fais-nous bander. » Sa réaction à l’époque, pour le moins surprenante, était d’y voir un compliment. « Au lieu de juger ça inapproprié, j’ai trouvé ça chouette », admet-elle. Cette confession révèle à quel point les perceptions des femmes concernant leur image et la manière dont elles sont traitées ont évolué au fil des ans.
Agathe Lecaron attribue une grande partie de son éveil à la question des violences faites aux femmes à son rôle à La Maison des maternelles, où elle a été confrontée à des témoignages poignants. « J’étais aux premières loges des témoignages des victimes de violences. Ça m’a bouleversée. Et poussée à m’engager », confie-t-elle. Ces expériences lui ont permis de prendre conscience des inégalités qui persistent, même dans sa vie personnelle, comme l’illustre le fait que son mari, François Pellissier, a éprouvé des difficultés à prendre son congé paternité.
Cette prise de conscience l’a amenée à affirmer une plus grande liberté dans sa vie professionnelle et personnelle. Aujourd’hui, elle s’habille comme elle le souhaite et garde toujours « le dernier mot ». Son parcours témoigne d’une évolution significative, non seulement pour elle-même, mais aussi pour toutes les femmes qui cherchent à s’affirmer dans un milieu encore largement dominé par les hommes. Elle encourage les jeunes femmes à ne pas renoncer à la maternité à cause de leur carrière, un message qu’elle souhaite transmettre à travers son propre vécu.
La distance entre le « fais-nous bander » et ses conseils pour les jeunes femmes est immense. Agathe Lecaron témoigne d’une lucidité tardive qui renforce la portée de son récit. Ce témoignage met en lumière la nécessité d’un changement de mentalité dans le monde de la télévision et au-delà, révélant que les remarques qui étaient autrefois banalisées sont désormais perçues pour ce qu’elles sont réellement : des pressions inacceptables sur les femmes.