Agression numérique : Anaïs Orsini s’interroge sur l’efficacité de la nouvelle loi anti-dick pics

Victime à plusieurs reprises d’envois non sollicités de « dick pics », Anaïs Orsini, ancienne blogueuse spécialisée dans la sexualité et aujourd’hui journaliste indépendante, exprime ses doutes concernant la nouvelle loi adoptée pour sanctionner ces comportements. Bien que cette loi, votée à l’unanimité dans le cadre d’une législation plus large contre les violences sexistes et sexuelles, vise à prévenir l’envoi de contenus visuels à caractère sexuel sans consentement, Anaïs reste sceptique quant à son application réelle.

EN BREF

  • Anaïs Orsini, victime de dick pics, s’interroge sur l’efficacité de la nouvelle loi.
  • La loi sanctionne l’envoi de contenus non sollicités d’un an d’emprisonnement et 15 000 euros d’amende.
  • Orsini appelle à une prise de conscience des hommes et à une meilleure application de la loi.

« Je pensais qu’il y avait déjà une loi, je suis un peu surprise. Il était temps. » C’est ainsi qu’Anaïs Orsini a réagi à l’annonce d’un nouveau délit visant à réprimer l’envoi de ces images. Le texte prévoit une peine d’un an de prison et une amende de 15 000 euros pour ceux qui envoient intentionnellement ce type de contenu par voie électronique. Bien qu’elle considère que cette mesure est un pas dans la bonne direction, Anaïs souligne que l’enjeu majeur réside dans l’application de cette loi.

Dans ses précédents écrits, Anaïs a relaté sa propre expérience avec le cyberharcèlement sexuel, ayant reçu à de nombreuses reprises des photos non sollicitées, souvent après la publication d’articles sur des sujets sensibles. « Recevoir une dick pic à 7 h du matin, c’est une agression. C’est pour cela que le consentement est crucial », explique-t-elle, ajoutant qu’une telle situation peut être déstabilisante et incompréhensible.

Elle met également en évidence la nécessité d’une réelle prise de conscience de la part des hommes. « Il faut arrêter de sexualiser les femmes. Quand on reçoit des contenus non sollicités, on n’est pas dans de bonnes dispositions », souligne-t-elle. Concernant la possibilité pour les femmes de porter plainte, Anaïs reste prudente. Selon elle, l’accueil qui leur est réservé au sein des commissariats et les répercussions judiciaires joueront un rôle déterminant dans leur décision de dénoncer ces actes.

Anaïs Orsini se questionne également sur la difficulté de prouver l’intentionnalité de l’envoi. « L’émetteur peut toujours prétendre avoir fait une erreur de destinataire. Il est facile de contourner ce type de loi », déplore-t-elle. Pour elle, il est crucial que des exemples de sanctions soient médiatisés afin d’encourager un changement de comportement.

En attendant que cette loi entre en vigueur, Anaïs a déjà pris des mesures personnelles pour se protéger. Elle a mis en place des filtres sur ses réseaux sociaux pour bloquer ce type de contenu et a drastiquement limité ses interactions avec certains hommes de son entourage. « Même si je suis moins exposée, je reçois encore ce genre d’images », confie-t-elle.

Quant à savoir si elle aurait porté plainte si la loi avait été en place à l’époque de ses expériences, elle admet qu’elle n’en est pas certaine. « J’ai un principe : je dis clairement que je ne veux pas recevoir ce type de contenu. Si la personne continue, je sévis. Avec une loi, j’aurais pu dire : ‘Si tu recommences, je porte plainte.’ »

Anaïs Orsini conclut en affirmant qu’il est essentiel de changer les mentalités. « Ce n’est pas une question de pédagogie, mais de respect. Se sentir autorisé à envoyer ce type d’images, c’est inacceptable. » Ce message, elle espère qu’il résonnera au-delà des simples mots et incitera à une réflexion plus profonde sur les comportements virils dans la société actuelle.