Pour la première fois depuis le début du conflit à Gaza, les Palestiniens célèbrent l’Aïd el-Fitr en période de trêve. Bien que cette accalmie offre un moment de joie, les habitants restent préoccupés par la guerre en Iran, craignant d’être oubliés sur la scène internationale.
EN BREF
- Première célébration de l’Aïd en trêve depuis deux ans de conflit à Gaza.
- Les habitants expriment leur crainte d’être oubliés à cause de la guerre en Iran.
- La situation humanitaire demeure critique malgré l’arrivée de biens commerciaux.
Raeda Abou Diya, 38 ans, se trouve parmi les nombreux habitants de Gaza célébrant cette fête marquant la fin du mois sacré de jeûne. Installée sous une tente à Gaza-ville avec son mari et leur fille Fidaa, elle a réussi à acheter des vêtements pour l’Aïd. Sa fille, âgée de 15 ans, apprécie ces instants de joie, malgré les souvenirs de leur ancienne maison détruite. « Cette fête pourrait symboliser le retour à une vie meilleure », espère-t-elle.
Cependant, la mère reste angoissée. « Je ne me sépare jamais de ma radio, même en cuisine. La guerre en Iran me fait craindre que notre souffrance soit oubliée », confie-t-elle. Cette inquiétude est partagée par de nombreux Gazaouis qui suivent l’actualité de l’offensive israélo-américaine, relancée le 28 février, à travers des stations de radio locales récemment rétablies.
Ibtissame Skik, 33 ans, fait face à des difficultés financières et n’a pas pu offrir de vêtements à ses deux filles, âgées de huit et onze ans. « Les prix sont trop élevés », explique-t-elle. Elle espère qu’une fin du conflit en Iran pourra attirer à nouveau l’attention du monde sur Gaza. Malgré le cessez-le-feu, les prix des denrées essentielles restent inaccessibles pour une grande partie de la population, exacerbés par la perturbation des échanges commerciaux liée à la guerre en Iran.
Selon des rapports de l’ONU, la situation humanitaire à Gaza est qualifiée de « catastrophique », avec des pénuries de gaz de cuisson et des interruptions fréquentes de l’entrée des marchandises. Hussein Doueima, 49 ans, dont le magasin de vêtements a été détruit, souligne que les frais de transport font grimper les prix : « Une chemise pour enfant coûte entre 50 et 100 shekels, certaines friandises dépassent 100 shekels le kilo ».
Malgré ces défis, de nouveaux marchés populaires émergent dans des zones où les infrastructures ont été partiellement restaurées, comme celui de Cheikh Radwane, où des commerçants comme Imad al-Bahtimi vendent des fruits secs et des confiseries, diffusant des prières pour animer l’atmosphère festive. Hossam Abou Chaqfa, 28 ans, de la région d’al-Mawasi, évoque encore les bruits d’explosions. « Nous sommes épuisés par la guerre. Bien que l’Iran soit loin, son conflit a des répercussions sur notre quotidien », déclare-t-il.
Pour beaucoup, l’Aïd el-Fitr représente un moment d’espoir, même dans un contexte de souffrance persistante. Les familles tentent de profiter de ces instants de joie, tout en restant conscientes des défis qui se profilent à l’horizon. Ce mélange de célébration et d’inquiétude souligne la résilience des habitants de Gaza face à l’adversité.