Ce lundi 8 juin, le gouvernement a ouvert un guichet d’aides financières pour les professionnels du bâtiment et des travaux publics (BTP), touchés de plein fouet par la montée des prix des carburants, exacerbée par la guerre au Moyen-Orient. Après les agriculteurs et les pêcheurs, c’est au tour des artisans du secteur d’espérer un soutien face à une situation de crise prolongée.
EN BREF
- Le guichet d’aides aux carburants pour les artisans du BTP ouvre ce lundi.
- Une aide de 20 centimes par litre de GNR, plafonnée à 4.000 euros par entreprise.
- Les professionnels estiment que ces mesures sont insuffisantes pour faire face à la crise.
Cette aide, fixée à 20 centimes par litre de gazole non-routier (GNR) pour les achats réalisés entre le 1er et le 31 mai 2026, est réservée aux petites et moyennes entreprises (PME) de moins de 50 salariés. Malgré l’importance de cette mesure, de nombreux artisans estiment qu’elle ne sera pas suffisante pour compenser les hausses importantes des coûts de fonctionnement.
Vincent Gaulthier, dirigeant d’une PME de 7 salariés spécialisée dans les travaux publics, s’attend à recevoir environ 1.000 euros d’aides. Il considère cette subvention comme un sursis, soulignant que les difficultés économiques persistent et que la situation actuelle est loin d’être résolue. « On est à moins 20 % de chiffre d’affaires par rapport aux années précédentes », déclare-t-il, rappelant que de nombreux chantiers sont soit suspendus, soit annulés.
Alexandre Mahout, électricien employant une dizaine de salariés, se trouve dans une situation similaire. Bien qu’il soit également touché par la hausse des prix, il n’est pas éligible à cette aide, car ses véhicules ne fonctionnent pas au GNR. « Sans subventions, l’heure est aux économies », admet-il, ajoutant que la pérennité de son entreprise est compromise. Il n’exclut pas la nécessité de licenciements si la situation ne s’améliore pas rapidement.
Jean-Christophe Repon, président de la Confédération de l’artisanat et des petites entreprises du bâtiment (Capeb), critique également le caractère insuffisant des aides. Selon lui, ces mesures ne suffisent pas à compenser les augmentations des coûts des carburants. « Il y a vraiment une lassitude de la part de nos artisans. Les stratégies mises en place ne sont que des stratégies de survie », déclare-t-il, ajoutant que près de 10.000 emplois dans le secteur sont actuellement menacés à cause de la crise actuelle.
Les artisans du BTP se trouvent confrontés à une succession de crises : la pandémie de Covid-19, le conflit en Ukraine, les répercussions énergétiques et désormais les tensions au Moyen-Orient. « Depuis quatre ans, les professionnels ne voient pas le bout du tunnel », conclut Jean-Christophe Repon, évoquant l’angoisse qui règne parmi les acteurs du secteur. Avec 30.000 emplois déjà supprimés dans l’artisanat du bâtiment au cours des deux dernières années, les inquiétudes grandissent quant à l’avenir de ce secteur essentiel pour l’économie française.
Alors que les aides gouvernementales sont mises en place, la réalité du terrain montre que les artisans du BTP continuent de faire face à des défis colossaux. La question demeure : ces mesures temporaires suffiront-elles à redresser un secteur en profonde crise ?