Depuis son arrivée dans les foyers français, l’air fryer a su séduire de nombreux utilisateurs par sa promesse d’une cuisine plus saine, nécessitant peu ou pas d’huile. Cependant, une enquête récente de 60 Millions de consommateurs remet en question cette image flatteuse. Faut-il revoir notre utilisation de cet appareil devenu incontournable ?
EN BREF
- Près de 40 % des foyers français possèdent un air fryer, avec 3,4 millions de ventes en 2025.
- Une étude révèle que la cuisson à haute température peut générer de l’acrylamide, potentiellement cancérogène.
- Les experts conseillent une utilisation prudente pour éviter des risques pour la santé.
Avec près de 40 % des foyers français équipés d’un air fryer, cet appareil a révolutionné notre façon de cuisiner. En 2025, plus de 3,4 millions de ces appareils ont trouvé preneur, séduisant les consommateurs par leur capacité à cuire les aliments de manière croustillante tout en réduisant la quantité de matières grasses. Néanmoins, cette promesse de salubrité est mise à mal par les résultats d’une enquête publiée par 60 Millions de consommateurs.
Cette étude, parue le 8 avril 2026, pointe le risque de formation d’acrylamide, une substance jugée « probablement cancérogène », lors de la cuisson à haute température, notamment pour les aliments riches en glucides, tels que les pommes de terre. En effet, les frites préparées dans un air fryer affichent des niveaux d’acrylamide supérieurs (12,19 µg/kg) à ceux des frites cuites en friture ou au four. Cette donnée soulève des interrogations quant à l’idée reçue selon laquelle l’air fryer serait une solution plus saine.
Les frites surgelées, souvent proposées comme « spéciales air fryer », sont également critiquées. Ces produits, souvent ultratransformés et contenant des additifs comme l’amidon ou des gommes, peuvent s’avérer plus caloriques et grasses que prévu. Leur consommation régulière est même associée à un risque accru de diabète de type 2.
En outre, la cuisson à haute température peut dégrader des nutriments essentiels, tels que les vitamines et les minéraux. Les experts mettent également en garde contre certains revêtements antiadhésifs, comme le Téflon, qui peuvent contenir des substances chimiques controversées, surtout si l’appareil est mal entretenu. Un entretien insuffisant peut également nuire à la qualité de l’air intérieur, en augmentant la concentration de composés organiques volatils et de particules fines.
Malgré ces avertissements, les spécialistes précisent que l’air fryer n’est pas à proscrire. Son utilisation peut s’avérer bénéfique si elle est faite de manière réfléchie. Au lieu d’abandonner cet appareil, l’enjeu réside dans une utilisation éclairée.
Les bonnes pratiques d’utilisation de l’air fryer
Pour profiter des avantages de l’air fryer tout en minimisant les risques, il est conseillé de suivre quelques recommandations :
- Évitez les cuissons trop longues ou à des températures excessives.
- Nettoyez régulièrement votre appareil pour garantir son bon fonctionnement.
- Privilégiez des aliments frais et non transformés, limitant ainsi l’utilisation de produits ultratransformés.
Des alternatives à considérer
Il est également pertinent de se demander si l’air fryer est réellement plus sain qu’une friteuse traditionnelle. Bien qu’il permette de réduire l’utilisation de matières grasses, il favorise la formation d’acrylamide, notamment dans le cas des frites. De plus, certains aliments, particulièrement ceux riches en eau comme certains fromages ou grosses pièces de viande, peuvent ne pas cuire uniformément.
En conclusion, l’air fryer, bien qu’il soit un outil de cuisine prisé, n’est pas exempt de risques. Il convient d’adopter une approche équilibrée et informée pour en tirer le meilleur parti sans compromettre sa santé. Ainsi, plutôt que de le considérer comme la panacée de la cuisine moderne, il serait judicieux de l’intégrer à une alimentation variée et équilibrée.