Dans un contexte de réarmement en Europe et à la lumière des leçons tirées de la guerre en Ukraine, Airbus s’engage sur la voie de l’innovation en intégrant des drones dans ses opérations d’hélicoptères. La société, bien ancrée dans le secteur aéronautique, mise sur sa filiale Survey Copter, installée à Pierrelatte, pour mener à bien cette transformation stratégique.
EN BREF
- Airbus développe des drones pour collaborer avec ses hélicoptères militaires.
- La filiale Survey Copter à Pierrelatte prévoit de doubler sa production d’ici 2027.
- La stratégie mise sur une intégration poussée entre drones et hélicoptères pour des missions variées.
Le site de Pierrelatte, qui abrite une petite équipe de 60 personnes, se prépare à un doublement de sa production en 2027. Emmanuel Huberdeau, porte-parole d’Airbus Helicopters, souligne l’importance de cette initiative : « Il y a un besoin de toutes sortes de drones », dit-il. La société développe actuellement deux modèles, l’Aliaca, un drone léger de 25 kg, et le Capa-X, plus lourd et plus endurant, destiné à des missions de surveillance et de renseignement.
Cette production s’inscrit dans un cadre plus large de réévaluation des besoins militaires en Europe. Avec un investissement de 2 millions d’euros, Airbus prévoit de construire un nouveau hangar pour soutenir cette croissance. Vingt Aliaca et dix Capa-X sont attendus cette année, avec l’ambition de produire le double en 2027, selon le directeur du site, Christophe Canguilhem.
Le développement des drones se fait dans un contexte marqué par l’évolution des stratégies militaires. Alors que les drones ont changé la donne sur les champs de bataille, comme en Ukraine, Airbus choisit de se concentrer sur des systèmes complexes et intégrés, plutôt que sur des modèles low-cost. Emmanuel Huberdeau souligne que « l’Ukraine nous a montré qu’il était possible de fabriquer des drones à bas coût en grande quantité ». Toutefois, Airbus mise sur des drones capables de réaliser des missions variées et de revenir d’opérations prolongées.
La coopération entre drones et hélicoptères est au cœur de la stratégie de l’entreprise. Victor Gerin-Roze, directeur des programmes drones d’Airbus Helicopters, insiste sur le fait que le partenariat entre ces deux types d’appareils « multiplie la force de l’hélicoptère ». Ce système, testé à Singapour, permet à l’équipage d’un hélicoptère de lancer un drone tout en gardant le contrôle depuis le cockpit, offrant ainsi une plus grande sécurité lors des missions.
Cette démarche d’intégration se distingue de celles de concurrents tels que Boeing ou Sikorsky, qui adoptent une approche où le drone reste un outil séparé de l’hélicoptère. Airbus, de son côté, développe également des solutions innovantes comme le drone VSR700, basé sur le petit hélicoptère Cabri G2, utilisé par la Marine française pour des missions de surveillance.
En parallèle, Airbus travaille sur la version sans pilote de son hélicoptère H145, connu sous le nom de Lakota, destiné à la marine américaine. Cette version devrait être livrée d’ici 2030, renforçant ainsi la position d’Airbus sur le marché des drones et des hélicoptères.
Face à ces évolutions, la société se positionne comme un acteur clé dans le domaine militaire, tout en cherchant à répondre aux défis contemporains liés à la sécurité et à l’efficacité opérationnelle. La stratégie d’Airbus reflète une vision tournée vers l’avenir, où l’innovation technologique jouera un rôle central dans la transformation des forces armées.