Alcool et prise de poids : comprendre les effets néfastes sur la santé

La consommation d’alcool est souvent associée à des moments de convivialité, mais elle entraîne également des conséquences sur la santé, notamment en ce qui concerne la prise de poids. La médecin nutritionniste, Dre Laurence Plumey, nous éclaire sur les mécanismes en jeu et les risques associés à une consommation excessive.

EN BREF

  • L’alcool est riche en calories, ce qui peut favoriser la prise de poids.
  • Une consommation régulière augmente le risque d’obésité et de troubles métaboliques.
  • Consommer de l’alcool le soir accroît le stockage des calories dans l’organisme.

Lorsqu’une personne consomme de l’alcool, ce dernier est rapidement absorbé par les muqueuses de la bouche, de l’estomac et de l’intestin grêle, avant d’être acheminé vers le cerveau par le sang. C’est à ce stade que les effets de l’alcool, tels que l’altération des réflexes et des fonctions cognitives, se manifestent. Environ 45 minutes après l’ingestion, la concentration d’alcool dans le sang atteint son pic, et elle peut continuer à augmenter si la consommation se poursuit. Le corps humain élimine l’alcool à un rythme moyen de 0,015 g/100 ml par heure, mais ce taux peut varier d’une personne à l’autre, influencé par des facteurs comme la corpulence, le sexe et l’âge.

Il est essentiel de comprendre que l’alcool, en plus de ses effets néfastes sur le foie et le système cardiovasculaire, joue un rôle significatif dans la prise de poids, en raison de sa haute teneur calorique. En effet, l’alcool pur contient environ 7 calories par gramme, une quantité presque équivalente à celle des graisses, qui en contiennent 9. Par comparaison, le sucre n’apporte que 4 calories par gramme. Ainsi, un verre de vin peut contenir entre 80 et 100 calories, tandis qu’un cocktail peut facilement dépasser les 300 calories, surtout s’il est préparé avec des sirops ou des nectars de fruits.

Il est donc facile de dépasser les apports caloriques recommandés lors d’un repas. Par exemple, un apéritif accompagné d’un ou deux verres d’alcool peut facilement ajouter 300 calories à votre dîner, qui devrait idéalement se situer entre 600 et 700 calories pour un adulte modérément actif. L’excès calorique du soir pose un risque accru de prise de poids, car c’est durant la nuit que le corps a tendance à stocker les graisses en raison d’une activité métabolique réduite.

Une étude coréenne a mis en lumière un lien direct entre la consommation d’alcool et l’obésité. Selon cette recherche, boire un demi-verre d’alcool par jour augmente le risque d’obésité de 10 %, tandis qu’à deux verres, ce risque grimpe à 22 % et à plus de deux verres, il atteint 34 %. L’alcool favorise également le stockage des graisses dans le corps, en particulier dans le foie, et peut altérer le métabolisme des lipides et des glucides. Cela se traduit par une inhibition de la lipolyse, le processus par lequel les graisses sont décomposées.

En outre, l’alcool peut accroître l’appétit et favoriser les fringales pour des aliments gras ou sucrés, en raison de son effet désinhibiteur. Les boissons alcoolisées les plus caloriques sont souvent celles qui combinent une forte teneur en alcool avec des sucres ajoutés, comme les cocktails à base de rhum, de vodka ou de whisky. Il est à noter que des boissons comme le vin sec, le cidre ou le champagne brut, consommés avec modération, sont généralement moins caloriques.

Dre Plumey souligne qu’il est erroné de penser qu’il existe des moments optimaux pour consommer de l’alcool afin de minimiser son impact sur le poids. Chaque consommation doit être faite avec modération, en gardant à l’esprit les effets potentiellement toxiques et cancérigènes de l’alcool. La médecin insiste sur le fait que les calories consommées le soir ont tendance à être plus facilement stockées par l’organisme, car le métabolisme ralentit et les possibilités de dépenser ces calories diminuent.

Il est toutefois possible de savourer un verre d’alcool tout en restant conscient de son impact calorique. Un bon régime doit être vivable à long terme, et s’autoriser un verre occasionnel peut contribuer à la durabilité d’une alimentation équilibrée et d’un mode de vie sain. En somme, une consommation modérée d’alcool, intégrée dans un cadre de vie équilibré comprenant une alimentation saine et une activité physique régulière, n’aura qu’un impact limité sur le poids corporel.

En conclusion, il est évident qu’une consommation excessive et régulière d’alcool peut contribuer à la prise de poids. En revanche, une consommation modérée, ne dépassant pas deux verres par jour et ne se faisant pas tous les jours, peut être intégrée à un mode de vie sain sans impact significatif sur le poids.