Alexandra Lamy et Reem Kherici : le film qui libère la parole sur le plaisir féminin

Dans une ère où le plaisir féminin est encore souvent tabou, Alexandra Lamy et Reem Kherici s’imposent comme des voix audacieuses avec leur nouveau film, « Pour le plaisir ». En abordant un sujet délicat avec humour et sensibilité, le long-métrage attire l’attention sur une réalité troublante : 30 % des femmes sont anorgasmiques, selon une étude de 2016. Prévu pour sortir en salles le 6 mai 2026, ce film pourrait bien devenir un événement cinématographique marquant.

EN BREF

  • Le film « Pour le plaisir » traite du plaisir féminin avec humour et justesse.
  • Alexandra Lamy et François Cluzet incarnent un couple face à l’anorgasmie.
  • La réalisatrice Reem Kherici souhaite libérer la parole autour de ce sujet encore tabou.

Dans « Pour le plaisir », Lamy et Cluzet incarnent Fanny et Tom, un couple marié depuis deux décennies. La découverte que Fanny n’a jamais connu l’orgasme provoque une remise en question de leur relation. Face à ce constat, Tom, ingénieur de métier, se lance dans la conception d’un appareil inspiré du fameux Womanizer, un jouet sexuel révolutionnaire. Cette quête, à la fois technique et personnelle, les mène à explorer les non-dits et les maladresses qui colorent leur quotidien, tout en renforçant les liens qui les unissent.

Reem Kherici, à la barre de cette comédie dramatique, ancre son récit dans l’air du temps. Elle souligne que « Pour le plaisir » n’est pas une biographie des inventeurs du Womanizer, mais un récit universel qui peut toucher tous les couples. La réalisatrice remarque que le film joue un rôle de médiateur : « On a des témoignages de couples qui sont ensemble depuis 26 ans, qui étaient un peu dans une phase plate et qui ont réussi à parler juste après le film dans la voiture. » Cela démontre que l’œuvre parvient à susciter des conversations essentielles bien au-delà des murs du cinéma.

La délicatesse de la réalisation est également à noter. Une coordinatrice d’intimité a été impliquée pour encadrer les scènes sensibles, assurant ainsi un traitement respectueux du sujet. Alexandra Lamy insiste sur l’importance de la communication dans le couple : « Le sujet principal, c’est le plaisir féminin et la manière dont l’autre écoute son conjoint et comment ils vont trouver une solution ensemble. » Cette approche collective et constructive, loin des clichés, place la parole des femmes au centre du récit.

Le film se distingue par sa distribution éclectique, qui inclut des talents comme Mitty Hazanavicius, Camille Aumont Carnel et Kyan Khojandi, ajoutant ainsi une diversité de perspectives sur une question universelle. La présence de Reem Kherici au générique, en tant que réalisatrice, apporte également une dynamique unique à l’œuvre, renforçant l’idée que le regard féminin est essentiel pour aborder des thèmes souvent considérés comme tabous.

Ce qui fait la force de « Pour le plaisir », c’est son écriture résolument féminine, qui refuse le voyeurisme et place la pudeur et l’intimité au cœur de l’intrigue. Lamy affirme : « Je pense que c’est pour ça que ça ne pouvait être réalisé que par une femme. » Cette complicité entre les actrices se ressent à l’écran et contribue à briser les préjugés tout en maintenant un humour chic, séduisant un large public, des jeunes couples aux seniors.

À travers cette comédie, Lamy et Kherici souhaitent désacraliser et déculpabiliser le plaisir féminin, ouvrant ainsi un dialogue nécessaire entre les générations. Le film pourrait bien transformer les discussions après projection en véritables moments d’échange, prouvant que l’humour et la légèreté peuvent être de puissants alliés dans un débat sérieux. En somme, « Pour le plaisir » s’annonce comme un film à la fois drôle, tendre et profondément nécessaire.