Alice Taglioni témoigne de son parcours face à la grossophobie dans le mannequinat

Alice Taglioni, actrice française reconnue pour ses rôles dans des comédies et des drames, a récemment décidé de briser le silence sur une période douloureuse de sa vie : ses débuts dans le mannequinat, marqués par la grossophobie. Invitée sur France Inter, elle a partagé son expérience, révélant le traumatisme causé par la pression physique exercée dans l’industrie de la mode.

EN BREF

  • Alice Taglioni évoque ses débuts difficiles dans le mannequinat.
  • Elle parle de la pression pour perdre du poids et des conséquences sur sa santé mentale.
  • Son parcours artistique et familial montre une résilience impressionnante.

À l’âge de 19 ans, Alice Taglioni a été repérée dans la rue par une agence de mannequins. Ce fut le début d’une aventure qu’elle décrit aujourd’hui comme « extrêmement difficile ». Contrairement à l’image glamour souvent associée au mannequinat, elle révèle avoir vécu une pression constante pour correspondre à des standards de beauté inaccessibles. « Il faut que tu maigrisses », se souvient-elle, une phrase entendue si souvent qu’elle est devenue une sorte de mantra destructeur.

Mesurant 1m79 et se décrivant comme « ronde », Alice se retrouvait souvent en décalage avec les attentes de l’industrie. Ses recruteurs la qualifiaient de « trop visible », lui conseillant de « trouver un moyen de se cacher ». Cette pression a eu des répercussions profondes sur sa santé mentale, entraînant des troubles alimentaires et une perte de confiance en elle. Elle confie : « On maigrit, mais on ne maigrit pas d’une bonne façon, donc j’ai connu ces affres douloureuses du problème alimentaire ».

La grossophobie, un terme qui n’était pas encore sur toutes les lèvres à l’époque, a également marqué son parcours. Alice Taglioni souligne qu’elle a fait face à des préjugés et des stéréotypes qui ont amplifié son anxiété. « J’ai fait face à ce qu’on appelle maintenant la grossophobie », explique-t-elle, soulignant l’absence de diversité corporelle dans le milieu de la mode. Cette période de sa vie a laissé des cicatrices indélébiles, mais elle a également contribué à forger la personnalité engagée que le public admire aujourd’hui.

Après avoir quitté le mannequinat, Alice Taglioni a trouvé refuge dans l’art. Elle a commencé à jouer du piano, un moyen pour elle de s’exprimer tout en se protégeant des regards extérieurs. Malgré son choix de carrière, qui l’expose au jugement des autres, elle avoue avoir eu besoin d’amour et de reconnaissance. « Bien sûr, parce que j’avais besoin d’être aimée », répond-elle à son interlocutrice, Sonia Devillers.

Son parcours artistique s’étend au cinéma, où elle interprète des rôles qui célèbrent l’authenticité. Sa vie personnelle a également connu des événements marquants, notamment sa rencontre avec l’acteur Jocelyn Quivrin en 2003. Leur relation a donné naissance à un fils, Charlie, mais le bonheur fut de courte durée avec le décès tragique de Quivrin en 2009. Ce drame a inspiré son roman Un papa vivant, un hommage à la résilience face à la perte.

En 2012, Alice fait la connaissance du journaliste Laurent Delahousse sur le plateau d’un JT. Leur couple, officialisé en 2014, s’est épanoui avec la naissance de deux enfants, Swann et Lino. Aujourd’hui, Alice Taglioni parle d’un bonheur solide et d’une vie familiale équilibrée, partageant son quotidien avec Charlie et les enfants de Laurent, issus de sa précédente union.

En somme, le témoignage d’Alice Taglioni est une invitation à réfléchir sur la grossophobie et les pressions exercées par l’industrie de la mode. Son parcours, bien que semé d’embûches, témoigne d’une résilience remarquable et d’une volonté de vivre pleinement et authentiquement.