Le printemps, avec ses journées plus longues et ses températures en hausse, incite beaucoup de Français à envisager un allègement de leur alimentation. Mais cette tendance est-elle vraiment bénéfique pour la santé ? La diététicienne Katia Tardieu partage son expertise sur ce sujet.
EN BREF
- Le printemps incite souvent à réduire ses apports alimentaires, mais est-ce nécessaire ?
- La diététicienne met en garde contre une restriction excessive qui peut nuire à la santé.
- Les fruits et légumes de saison doivent être introduits progressivement, surtout pour les personnes sensibles.
Traditionnellement, l’hiver est synonyme de plats riches et réconfortants, adaptés à des journées plus froides. Avec l’arrivée du printemps, nombreux sont ceux qui souhaitent modifier leurs habitudes alimentaires pour adopter une cuisine plus légère. Mais la diététicienne Katia Tardieu souligne que cette démarche doit être réfléchie.
Les changements de saison impactent effectivement notre organisme. Katia Tardieu explique que l’augmentation de la lumière du jour influence nos rythmes biologiques, nos sécrétions hormonales et même notre humeur. Pourtant, cela ne signifie pas que nos besoins nutritionnels changent radicalement. Ces derniers sont en réalité plus liés à notre niveau d’activité physique qu’à la saison elle-même.
Avec le retour des jours ensoleillés, beaucoup ressentent le besoin de se débarrasser des kilos accumulés durant l’hiver. Cela peut se manifester par une augmentation de l’activité physique ou une volonté d’alléger son assiette. Katia Tardieu précise que « manger plus léger » peut signifier privilégier des repas moins énergétiques ou plus faciles à digérer, ce qui est facilité par la variété des légumes primeurs disponibles au printemps, comme les asperges, petits pois et poireaux.
Cependant, elle met en garde contre les dangers d’une restriction alimentaire excessive. Certaines personnes ont tendance à sauter des repas ou à adopter des régimes trop restrictifs, ce qui peut conduire à des déséquilibres alimentaires. « Une telle approche peut engendrer des frustrations et des compulsions alimentaires », alerte la spécialiste.
Une autre tendance observée au printemps est celle des régimes détox, souvent mis en avant sur les réseaux sociaux. Katia Tardieu rappelle que ces pratiques ne reposent pas sur des bases scientifiques solides. Elle souligne que la véritable détoxification passe avant tout par l’élimination de certaines habitudes néfastes, comme la consommation excessive d’alcool, plutôt que par des cures de jus ou de compléments alimentaires.
Au printemps, les marchés regorgent de nouveaux fruits et légumes, tels que les haricots verts, fraises et myrtilles. Pour ceux qui souffrent de troubles digestifs, comme le syndrome de l’intestin irritable, l’augmentation soudaine de la consommation de ces aliments de saison peut aggraver leurs symptômes. Katia Tardieu conseille alors d’introduire ces nouveaux aliments progressivement, en se concentrant sur un seul type à la fois pour éviter des désagréments digestifs.
En somme, l’arrivée du printemps peut être l’occasion de diversifier son alimentation en intégrant des produits de saison, mais il est essentiel de le faire avec prudence et en respectant les besoins de son corps. Une approche équilibrée, sans excès ni restrictions, est la clé pour une nutrition saine et adaptée à chaque individu.