Le 20 mars 2026, la fermeture définitive de la dernière piste de ski sur glacier en Allemagne marque un tournant tragique dans l’histoire des sports d’hiver. Ce démantèlement, qui se déroule au sommet des Alpes bavaroises, est le symbole d’un phénomène plus vaste : la fonte des glaciers, exacerbée par le changement climatique.
EN BREF
- Fermeture de la dernière piste de ski sur glacier en Allemagne, au Schneefernerkopf.
- Le changement climatique rend la pérennité des glaciers allemands impossible.
- Des scientifiques prévoient la disparition totale de plusieurs glaciers d’ici la fin de la décennie.
La station de ski de la Zugspitze, près de Garmisch-Partenkirchen, a récemment assisté au démantèlement du téléski du Schneeferner. Ce téléski, qui a longtemps permis aux amateurs de ski de profiter de pistes glacées, est désormais devenu une relique du passé. L’élévation du niveau de la température mondiale fait peser une menace directe sur ces territoires, et la fermeture de cette piste est un rappel poignant de l’urgence climatique.
À 2.874 mètres d’altitude, le Schneefernerkopf est voisin de la Zugspitze, le point culminant de l’Allemagne, connu pour son téléphérique. Le démantèlement a été orchestré par l’exploitant Bayerische Zugspitzbahn Bergbahn, qui a dû recourir à des méthodes explosives pour sectionner les câbles du téléski. Laura Schaper, porte-parole de l’exploitant, a expliqué que les pylônes, qui étaient « posés de façon mobile sur la glace », ne pouvaient plus garantir leur stabilité face à la fonte continue du glacier.
Christophe Mayer, glaciologue à l’Académie bavaroise des sciences, a indiqué que la pente de la piste était devenue trop raide pour être sécurisée, ce qui a conduit à sa fermeture temporaire depuis plusieurs saisons. En 2022, l’Académie avait retiré cette partie du Schneeferner de sa liste officielle des glaciers, constatant qu’il ne restait qu’un « tout petit morceau de glace » qui a depuis complètement disparu.
Actuellement, quatre glaciers en Bavière remplissent encore les critères pour être classés comme tels : la partie nord du Schneeferner, le Höllentalferner, ainsi que ceux de Watzmann et de Blaueis. Toutefois, ces glaciers ont déjà perdu un quart de leur surface en seulement deux ans. Les prévisions sont alarmantes : selon Wilfried Hagg, un autre glaciologue, les deux glaciers restants de la Zugspitze pourraient disparaître d’ici la fin de la décennie ou au cours des années 2030.
Les changements climatiques rendent ces glaciers non viables. La fonte estivale dépasse désormais de loin l’apport de neige hivernale, ce qui ne laisse guère d’espoir pour leur survie. Les données de l’observatoire climatique de l’Union européenne, Copernicus, soulignent que les trois dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées. En conséquence, la perte de glaciers a été particulièrement marquée dans des régions comme l’Alaska et l’Europe centrale.
Wilfried Haag a mis en avant que, même dans les scénarios les plus optimistes, les glaciers allemands sont « condamnés à cent pour cent ». Ce constat soulève des préoccupations, non seulement pour l’écosystème, qui pourrait voir des micro-organismes affectés, mais aussi pour la sécurité des activités de montagne. La disparition de la glace entraîne un risque accru d’éboulements rocheux, mettant en danger les alpinistes et les randonneurs.
Cette fermeture de la dernière piste de ski sur glacier en Allemagne n’est pas simplement une perte pour les amateurs de ski, mais un symbole fort des conséquences du changement climatique. Alors que la Journée mondiale des glaciers se profile, la situation actuelle rappelle à chacun l’urgence d’agir pour préserver ces précieux écosystèmes naturels.