Le géant du e-commerce Amazon a annoncé, ce mardi, le retrait d’un ouvrage de « dark romance » de sa plateforme. Ce livre, intitulé « Corps à cœur », est accusé de faire l’apologie de la pédocriminalité et a été signalé à la justice. Cette décision fait suite à une demande de la Haute commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry, qui a également saisi la justice pour obtenir le retrait de l’ouvrage.
EN BREF
- Amazon retire le livre « Corps à cœur » après des accusations sérieuses.
- Plus de 60 000 signatures ont été recueillies contre l’ouvrage sur une pétition.
- Le livre est critiqué pour des extraits jugés violents et inappropriés.
Interrogé par l’AFP, un porte-parole d’Amazon a précisé que la plateforme avait procédé à des investigations avant de décider de retirer le titre en question. La situation a suscité un vif débat public, notamment après le lancement d’une pétition sur Change.org, qui a rapidement recueilli plus de 60 000 signatures. Cette pétition souligne que le livre franchit une « ligne rouge éthique et légale ».
La Haute commissaire à l’Enfance, Sarah El Haïry, a exprimé son indignation sur le réseau social X, déclarant : « On ne peut pas tout écrire au nom de la +dark romance+. Certains extraits relèvent de l’apologie de la pédophilie et pédocriminalité. » Elle a évoqué la nécessité d’agir face à ce qu’elle considère comme des dérives à des fins « récréatives » ou « lucratives ».
Dans ce contexte, le député LFI Antoine Léaument a également pris position, affirmant avoir saisi la justice après avoir découvert des extraits du livre qu’il qualifie de « scènes explicitement pédocriminelles en les +romançant+ ». Cette réaction souligne la gravité des accusations portées contre l’ouvrage et l’importance de la protection des enfants.
Pour Solène Podevin-Favre, présidente de l’association Face à l’inceste, le livre s’inscrit dans une tendance inquiétante, comparant son contenu à celui de « poupées pédocriminelles » vendues par certaines grandes marques. Elle déplore que des scènes de viols et de torture, même dans un contexte fictif, soient présentées comme des objets de fantasme.
« Corps à cœur », autopublié, a vu son premier tome sortir en 2023, suivi d’un second tome l’année suivante. Ce genre littéraire, la « dark romance », a gagné en popularité ces dernières années, mêlant souvent des relations impossibles avec des thèmes de violence psychologique ou sexuelle. Bien que l’autrice, Jessie Auryann, défende son œuvre en affirmant qu’elle comprend des avertissements clairs, les critiques persistent.
Dans un message sur les réseaux sociaux, Auryann a dénoncé une « campagne de dénigrement » à son encontre, tout en défendant son droit à l’expression artistique. Cependant, la polémique entourant son livre met en lumière les défis éthiques auxquels sont confrontés les auteurs de ce sous-genre littéraire.
Amazon, de son côté, a déclaré qu’il appliquait des règles strictes concernant le contenu de ses publications. Le porte-parole de la plateforme a souligné que tous les livres doivent respecter la réglementation en vigueur et que chaque signalement fait l’objet d’une enquête. Malgré cela, l’association Face à l’inceste a relevé une lacune dans la politique d’Amazon, notant qu’aucun dispositif de vérification d’âge n’est en place pour les livres réservés à un public averti.
Alors que la discussion sur le livre « Corps à cœur » se poursuit, elle soulève des questions cruciales sur la responsabilité des plateformes de vente en ligne et la protection des lecteurs, en particulier des jeunes. Si l’autoédition permet une plus grande liberté d’expression, elle impose également une vigilance accrue face aux contenus sensibles.