Ambroisie : un pollen allergisant arrive plus tôt que prévu en France

Les allergies respiratoires sont en augmentation en France, touchant près de 20 % des enfants et 30 % des adultes selon les estimations de l’Anses. Parmi les différentes sources d’allergies, l’ambroisie à feuilles d’armoise se distingue par son pollen particulièrement allergisant, qui envahit progressivement le territoire français.

EN BREF

  • Le pollen d’ambroisie, allergisant, arrive plus tôt dans l’année.
  • Près de 3,5 millions de personnes en France pourraient être affectées.
  • La destruction de cette plante est obligatoire dans les zones concernées.

L’ambroisie, originaire d’Amérique du Nord, est désormais présente dans presque toutes les régions françaises, de la vallée du Rhône au nord du pays. Sa floraison, traditionnellement attendue entre août et octobre, commence à se décaler en raison des épisodes de chaleur, rendant son pollen accessible dès juillet. Ce phénomène soulève des inquiétudes parmi les populations sensibles.

Le pollen d’ambroisie est reconnu comme l’un des plus puissants allergènes. Avec seulement cinq grains par mètre cube d’air, il peut déclencher des symptômes tels que des éternuements, un nez bouché, des yeux rouges et de la fatigue. En comparaison, d’autres pollens nécessitent des concentrations bien plus élevées pour provoquer des réactions. Les estimations indiquent déjà entre 1,1 et 3,5 millions de personnes allergiques en France.

Les effets de l’exposition au pollen d’ambroisie ne se limitent pas à un simple « rhume des foins ». Pour certains, une exposition répétée peut entraîner le développement d’un asthme sévère, y compris chez des adultes qui n’avaient jamais souffert de problèmes respiratoires auparavant. Les régions les plus touchées par cette plante invasive incluent la vallée du Rhône et certaines parties du Sud-Ouest, où elle colonise les champs, les friches et les jardins.

Normalement, la libération massive de pollen s’étend de la mi-août à la mi-septembre, mais les épisodes de canicule favorisent une croissance accélérée de l’ambroisie. Cela peut entraîner une libération de pollen plus précoce, parfois dès le cœur de l’été. Les conditions sèches et chaudes favorisent également la dispersion des grains de pollen, touchant ainsi des zones urbaines éloignées.

L’ambroisie prospère sur des sols nus ou remaniés, tels que les talus fraîchement défrichés, les chantiers, les bords de route, mais aussi dans des jardins peu entretenus. Il est fréquent de voir des propriétaires fiers de leur « coin sauvage » pour les insectes, sans réaliser qu’ils hébergent cette plante nuisible. Le pollen léger de l’ambroisie peut voyager sur des dizaines de kilomètres, affectant ainsi de larges quartiers urbains.

Protéger son jardin contre l’ambroisie nécessite une action précoce. Cette plante se distingue par ses feuilles profondément découpées, vertes des deux côtés, et par une tige souvent velue et rougeâtre. Contrairement à l’armoise, elle ne dégage pas de forte odeur lorsqu’on la froisse. Dans un terrain privé, certains gestes peuvent significativement limiter la production future de pollen d’ambroisie.

Le Code de la santé publique impose la destruction de l’ambroisie dans les zones concernées, avec des amendes possibles en cas de non-respect. En intervenant avant juillet, il est possible d’éviter que les graines, qui peuvent rester viables pendant plus de dix ans, ne transforment un bout de terrain en véritable usine à pollen.

Face à la menace que représente l’ambroisie, il est essentiel que chacun prenne conscience de la situation et agisse pour réduire les risques d’allergies. L’éducation et la sensibilisation sont des clés pour mieux gérer cette plante envahissante et protéger la santé publique.