Amélie de Montchalin, première femme présidente de la Cour des comptes, et son salaire élevé

Ce lundi 23 février 2026, Amélie de Montchalin a officiellement pris ses fonctions en tant que présidente de la Cour des comptes, devenant ainsi la première femme à occuper ce poste prestigieux. Cette nomination, souhaitée par Emmanuel Macron, marque un tournant dans son parcours politique, après avoir occupé le poste de ministre des Comptes publics depuis 2024.

EN BREF

  • Amélie de Montchalin devient la première femme présidente de la Cour des comptes.
  • Elle quitte son poste de ministre des Comptes publics, bien rémunéré.
  • La rémunération de son nouveau poste est estimée à environ 12 258 euros brut par mois.

Le décret officialisant la fin de ses fonctions ministérielles a été publié dimanche dernier, marquant la transition vers son nouveau rôle. Souvent perçue comme un pur produit du macronisme, Amélie de Montchalin, à 40 ans, suscite des interrogations quant à son expérience et à la légitimité de sa nomination à la tête d’une institution centenaire, chargée de contrôler les finances publiques.

Elle succède à Pierre Moscovici, et son arrivée à la Cour des comptes soulève des préoccupations sur un potentiel conflit d’intérêts. En effet, elle sera appelée à évaluer les finances d’un gouvernement dont elle faisait partie. François Ecalle, ancien magistrat de la Cour, souligne que cette situation pourrait poser des problèmes, car elle sera à la fois « juge et partie ». Toutefois, il relativise ces craintes, soulignant que les décisions au sein de la Cour sont prises collégialement, garantissant ainsi une certaine indépendance.

Carine Camby, sa prédécesseure par intérim, a également rassuré sur l’intégrité des rapports produits par la Cour. Lors d’une récente conférence de presse, elle a insisté sur le fait que « l’indépendance et l’objectivité des rapports » sont préservées, car les délibérations se font sans la participation du premier président.

Le salaire afférent à cette nouvelle fonction est également un sujet de discussion. Bien qu’il ne soit pas explicitement mentionné sur le site de la Cour des comptes, il est possible d’en estimer le montant. En tant que ministre, Amélie de Montchalin touchait environ 10 647 euros brut par mois, sans compter les indemnités et frais de représentation. À la Cour des comptes, son salaire brut mensuel pourrait atteindre environ 12 258 euros, en prenant en compte les indemnités de représentation qui s’élèvent à 23 114 euros par an.

Pour établir cette estimation, il est nécessaire de se référer au décret n° 2023-482 du 21 juin 2023, qui fixe les modalités de calcul des rémunérations. Le président de la Cour des comptes se situe à l’échelon 1, avec un indice brut de 2100. En multipliant la valeur du point d’indice, actuellement de 4,92 euros, par cet indice brut, on arrive à un salaire brut mensuel d’environ 10 332 euros. En ajoutant les indemnités, le salaire brut annuel se chiffre ainsi à environ 147 098 euros.

Cette somme, supérieure à celle perçue par certains autres responsables ministériels, suscite des interrogations sur la transparence et l’équité des rémunérations au sein des institutions publiques. Contactée par nos soins, la Cour des comptes n’a pas répondu à nos demandes concernant les détails de la rémunération de sa nouvelle présidente.

Amélie de Montchalin prendra donc la tête de la Cour des comptes dans un contexte où son rôle sera scruté de près, tant pour ses responsabilités financières que pour les enjeux de conflits d’intérêts. Comment réussira-t-elle à naviguer au sein de cette institution tout en maintenant l’intégrité nécessaire à son bon fonctionnement ? Seul l’avenir nous le dira.