Amendes de covoiturage à Paris : des bébés invisibles aux radars, des automobilistes en colère

Des automobilistes parisiens se retrouvent dans une situation inconfortable après avoir reçu des amendes pour avoir emprunté la voie de covoiturage du périphérique, alors qu’ils circulaient avec leurs bébés à bord. Ces infractions, entraînant des amendes de 135 euros, soulèvent des questions sur le fonctionnement des dispositifs de contrôle.

EN BREF

  • Des amendes de 135 euros infligées à des automobilistes circulant avec des bébés.
  • La mairie de Paris confirme que les bébés sont des passagers éligibles.
  • Les radars et l’IA peuvent ne pas détecter les jeunes enfants dans les véhicules.

Depuis le début de l’année, des usagers de la voie de covoiturage sur le boulevard périphérique parisien expriment leur mécontentement. En effet, plusieurs d’entre eux ont reçu des contraventions alors qu’ils respectaient la législation en vigueur. Pour circuler sur ces voies, il est impératif d’être au moins deux personnes à bord, une règle qui semble méconnue des systèmes de contrôle.

Souhaila, une mère de famille, a emprunté ces voies pour déposer son bébé chez sa nourrice à Bagnolet. Elle a récemment reçu deux amendes de 135 euros chacune. Selon elle, ces sanctions sont totalement injustifiées, car son enfant était bel et bien présent dans le véhicule. « Mon bébé est à l’avant de la voiture et, pourtant, ils ne le voient pas », a-t-elle déclaré. En effet, son enfant était installé dans un siège auto, dos à la route, et masqué par l’habitacle de la voiture.

Un autre automobiliste, Marc, partage une expérience similaire. Il a reçu une amende en décembre, suivie d’une autre en janvier, alors qu’il conduisait avec son bébé à bord. Il a même apposé un panneau à l’arrière de son véhicule signalant qu’il transportait un enfant. Marc conteste ces amendes et a fourni des documents, y compris le contrat de la nounou et des preuves d’identité de son enfant, pour prouver sa bonne foi.

La mairie de Paris a réagi à cette polémique en précisant que les bébés sont effectivement considérés comme des passagers éligibles pour l’utilisation des voies de covoiturage. D’après les informations rapportées par Le Parisien, la mairie a reconnu que des erreurs de détection peuvent survenir, bien qu’elles soient rares. « Selon les conditions de prise de vue et la visibilité du siège auto dans l’habitacle, des erreurs sont possibles », a-t-elle expliqué.

Pour contrôler le nombre de passagers dans un véhicule, la Ville de Paris utilise un système de « vidéoverbalisation assistée par ordinateur ». Ce dispositif repose sur des caméras infrarouges qui scannent les véhicules sous différents angles. Un logiciel d’intelligence artificielle analyse ensuite les images pour déterminer le nombre d’occupants. Si l’IA ne compte qu’une seule personne, une troisième caméra lit la plaque d’immatriculation du véhicule. Enfin, un agent assermenté valide les images pour confirmer l’absence ou la présence d’un enfant à bord.

Cette situation soulève des interrogations sur l’efficacité des systèmes de contrôle en place. Les parents concernés espèrent que des mesures seront prises pour remédier à ces injustices, afin que d’autres automobilistes ne se retrouvent pas dans la même position délicate. En attendant, ils continuent de contester les amendes reçues, plaidant pour une meilleure prise en compte de la réalité des familles sur la route.