Le jeudi 5 février, le militant antinarcotrafic Amine Kessaci a été évacué en urgence d’un meeting à Aix-en-Provence. Âgé de 22 ans, il était présent pour soutenir Marc Pena, candidat d’une union de la gauche hors LFI, lorsque des informations sur sa sécurité ont conduit à son retrait immédiat.
EN BREF
- Amine Kessaci a été exfiltré pour des raisons de sécurité avant un meeting.
- Une enquête a été ouverte par la Brigade de répression du banditisme.
- Le jeune militant vit sous protection policière depuis plusieurs mois.
La situation a été rapportée par une source proche du dossier, qui a précisé que l’alerte à la sécurité avait déclenché l’ouverture d’une enquête. Celle-ci a été confiée à la Brigade de répression du banditisme (BRD) de la police judiciaire de Marseille. Selon cette source, la menace est fondée sur une « simple information non vérifiée et non recoupée » à ce stade, sans preuve matérielle.
De son côté, le parquet national anticriminalité organisée (Pnaco) a indiqué avoir été informé des événements dès le jour précédent. La Juridiction inter-régionale spécialisée (Jirs) de Marseille est actuellement saisie, et le Pnaco procède à une analyse approfondie de la situation. Le parquet de Marseille, quant à lui, a choisi de ne pas communiquer davantage pour l’instant.
Amine Kessaci devait participer à un meeting de campagne pour les élections municipales de mars, où il visait à sensibiliser les villes aux enjeux du narcotrafic. Ses proches ont souligné qu’il vit sous protection policière depuis l’été dernier, suite à l’assassinat de deux de ses frères, un événement tragique qui a suscité des inquiétudes au niveau national.
Lors de la conférence de presse à laquelle il assistait aux côtés de Marc Pena, ses agents de sécurité ont reçu une alerte qui a nécessité son départ rapide et sa mise à l’abri pendant plusieurs heures. Ce contexte de menace est d’autant plus préoccupant que son petit frère Mehdi a été tué récemment à Marseille, un acte perçu comme une tentative d’intimidation, qui a même alerté les plus hautes instances de l’État.
Cette tragédie a également entraîné un renforcement des mesures de sécurité autour de Kessaci, qui se présente aux municipales sur la liste du maire sortant de gauche, Benoît Payan. Ce dernier a exprimé son soutien à Kessaci sur X, affirmant : « On ne fera jamais taire celles et ceux qui s’engagent pour la sécurité, la justice et la dignité à Marseille. »
Fin janvier, Kessaci avait annoncé sa candidature au sein de la liste du Printemps marseillais, menée par Benoît Payan, dans une coalition qui regroupe les socialistes, les communistes et les écologistes. Lors de cette annonce, il était arrivé sous escorte, entouré de gardes dissimulés, témoignant de la gravité de la situation à laquelle il fait face.
Ce contexte souligne les défis auxquels sont confrontés les militants et les candidats engagés dans la lutte contre le narcotrafic et les violences qui en découlent. La situation d’Amine Kessaci, entre engagement politique et menace à sa sécurité, illustre les tensions qui traversent certaines régions de France. Alors que les élections municipales approchent, la sécurité des candidats devient une préoccupation centrale.
À l’heure où le climat politique est tendu, la vigilance autour des personnalités publiques engagées dans des causes sensibles est primordiale. Les autorités doivent garantir la sécurité de ceux qui s’engagent pour un avenir meilleur, en dépit des menaces qui pèsent sur eux.