Anne Hidalgo face aux violences périscolaires : un échec collectif reconnu

Ce mardi 15 septembre 2026, l’ancienne maire de Paris, Anne Hidalgo, a été auditionnée par la commission d’enquête sénatoriale sur les violences sexuelles dans le périscolaire. Lors de cette séance, elle a exprimé ses « regrets immenses » tout en reconnaissant un échec « collectif » des institutions dans la protection des enfants. Bien qu’elle ait pris des mesures en réponse à des comportements délictueux au sein de son administration, Hidalgo a insisté sur le fait que la mairie, les collectivités locales ainsi que l’Éducation nationale et la justice n’ont pas été à la hauteur de leurs responsabilités.

EN BREF

  • Anne Hidalgo reconnaît un échec collectif face aux violences dans le périscolaire.
  • Des enquêtes pénales visent Hidalgo et son successeur, Emmanuel Grégoire.
  • La commission d’enquête a entendu les témoignages d’éducateurs et de familles en colère.

Dans son intervention, Hidalgo a déclaré : « Je suis du côté des victimes. » Elle a précisé qu’elle avait pris des mesures, en démettant de leurs fonctions des adjoints impliqués dans des affaires criminelles. Toutefois, elle a pointé du doigt le fait que les institutions ont failli, ce qui a permis à des prédateurs de nuire aux enfants.

La situation est d’autant plus préoccupante que plusieurs plaintes ont été déposées contre l’ancienne maire et son successeur. Les accusations incluent la non-assistance à personne en danger, ce qui soulève la question de la responsabilité politique face à des manquements graves. « J’ai eu à cœur de mettre en place des processus de protection », a-t-elle affirmé, tout en admettant que des dysfonctionnements avaient eu lieu au sein de son administration depuis 2015.

Anne Hidalgo a également mis en avant le constat alarmant que « la moitié des recommandations » d’un rapport commandé en 2015 n’avaient pas été appliquées de manière efficace. Ces recommandations visaient à renforcer les protections pour les enfants dans le cadre périscolaire. L’ancienne maire a déploré un « non-respect » des consignes qu’elle avait données, notamment en ce qui concerne la suspension immédiate des agents faisant l’objet de signalements.

Les critiques adressées à Hidalgo ne se limitent pas à son mandat. Plusieurs intervenants, dont l’éducateur Abel Boyi, ont pointé du doigt la lenteur de la réponse des autorités face à l’ampleur de la situation. « Dès 2015, l’opposition avait alerté sur des cas qui se multipliaient dans le périscolaire », a-t-il rappelé, ajoutant que la colère des familles face à l’inaction est palpable.

Cette situation a été exacerbée par des cas récents où des animateurs, soupçonnés d’agressions, ont été déplacés d’une école à l’autre. Cela soulève des interrogations sur la gestion des signalements et les mesures de protection mises en place. « Il y a eu des chaînes d’information qui n’ont pas fonctionné », a reconnu Hidalgo, qui a insisté sur la nécessité d’une amélioration dans le traitement des signalements.

Le personnel politique, face à cette crise, est également critiqué pour son incapacité à prendre des responsabilités de manière individuelle. « Si vous êtes incapables de prendre vos responsabilités, il ne faut pas être maire », a commenté Joëlle Dago-Serry sur RMC Story, soulignant que l’absence d’excuses personnelles de la part des politiques contribue à une perception de déresponsabilisation collective.

La commission d’enquête se poursuit avec l’audition prévue de Patrick Bloche, premier adjoint d’Hidalgo, qui a également été impliqué dans les affaires scolaires. Emmanuel Grégoire, l’actuel maire de Paris, doit également être entendu. Cela témoigne de l’ampleur du problème, avec 203 enquêtes en cours concernant 284 établissements scolaires, un chiffre qui illustre la gravité des violences dans le périscolaire parisien.

Il semble donc que le chemin vers une véritable prise de conscience et des actions concrètes pour protéger les enfants soit encore long. La responsabilité des élus et des institutions sera au cœur des débats dans les semaines à venir, alors que les familles continuent de réclamer justice et sécurité pour leurs enfants.