Antoine Verglas et Jeffrey Epstein : des e-mails dévoilent une collaboration troublante

Des échanges d’e-mails entre le photographe français Antoine Verglas et le financier américain Jeffrey Epstein révèlent un lien inquiétant. Verglas, connu pour ses clichés de mode, a été en contact avec Epstein, un criminel sexuel notoire, entre 2012 et 2013. Ces informations sont issues des « Epstein Files », une vaste base de données dévoilée par le ministère de la Justice américain.

EN BREF

  • Antoine Verglas a réalisé des séances photo pour Jeffrey Epstein.
  • Les échanges d’e-mails mettent en lumière une relation complexe.
  • Verglas affirme n’avoir jamais été au courant des activités illégales d’Epstein.

Antoine Verglas, expatrié aux États-Unis et reconnu dans le milieu de la mode, apparaît à de nombreuses reprises dans les documents associés à Epstein. En 2013, il envoie un e-mail à l’assistante d’Epstein avec en objet « LittleStJames_JPEG », du nom de l’île privée où Epstein est accusé d’avoir commis des violences sexuelles sur un grand nombre de femmes et de filles mineures.

Né à Paris en 1962, Verglas s’est installé à New York dans les années 1990, où il a rapidement gagné en notoriété, photographiant des figures emblématiques telles que Cindy Crawford, Claudia Schiffer et Naomi Campbell. Son style, souvent axé sur la photographie de nu, lui a permis de publier des images dans des magazines prestigieux comme Vogue et Elle. Toutefois, cette carrière brillante est aujourd’hui ternie par ses liens avec un homme dont le nom est associé à de graves accusations.

Les « Epstein Files », révélées début 2026, contiennent 614 mentions d’Antoine Verglas, ce qui confirme ses collaborations avec Epstein. Le photographe a déclaré qu’il n’avait jamais été impliqué dans une activité illégale et qu’il n’était pas au courant des antécédents criminels d’Epstein. « Je regrette de ne pas m’être penché davantage sur son passé et d’avoir été naïf », a-t-il affirmé.

Des transactions financières troublantes

La première mention d’une transaction financière entre Verglas et Epstein remonte à octobre 2008, alors qu’Epstein purgeait une peine de prison pour des accusations de prostitution. Un virement de 10 837,50 dollars a été effectué vers la société de Verglas, probablement pour une séance photo, sans que ce dernier ne soit informé de la situation de son client à l’époque.

En août 2012, Verglas a été sollicité pour un nouveau shooting, après la libération d’Epstein. Ce dernier aurait demandé la réalisation d’une photographie impliquant plusieurs femmes, inspirée par le travail du photographe Helmut Newton. Verglas a proposé un tarif de 10 000 dollars pour cette séance, mais les détails de cette séance demeurent flous, le photographe affirmant que les images ont été détruites après leur prise.

Epstein avait une obsession pour la confidentialité des photographies, insistant pour qu’il soit le seul à avoir accès aux images produites par Verglas. Dans un e-mail, il a demandé à son assistante de s’assurer qu’il était le seul à avoir accès aux fichiers. Verglas a confirmé que les photos avaient été supprimées, ajoutant que cette pratique était courante dans le milieu.

Un outil de domination

Les photographies réalisées par Verglas ont alimenté un vaste dossier d’images de femmes que Epstein utilisait pour exercer un contrôle et une domination sur ses victimes. Les « Epstein Files » contiennent environ 180 000 clichés, dont beaucoup sont à caractère sexuel explicite. Bien que certaines images aient été retirées, le contenu révèle des prises de vues de femmes dans des poses suggestives.

Cette collaboration a également servi de levier pour Epstein, qui s’est servi de son réseau de contacts dans le milieu de la mode pour attirer des mannequins en quête d’opportunités. Des messages échangés en 2013 montrent que des femmes aspiraient à travailler avec Verglas, qu’Epstein qualifiait de « bon ami ». Cette utilisation des relations professionnelles pour manipuler des victimes potentielles soulève des questions éthiques sur l’industrie de la mode.

Antoine Verglas, en dépit de ses dénégations, se retrouve désormais au cœur d’une affaire qui interroge la responsabilité des acteurs du milieu artistique face aux comportements criminels de certains individus. La nécessité d’une prise de conscience collective et d’une vigilance accrue dans les relations professionnelles semble plus que jamais d’actualité.