Le parquet de la Cour d’appel de Versailles a requis ce lundi une peine de trois ans de prison, dont un ferme, à l’encontre de Dominique Boutonnat, ancien président du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC). Ce dernier a été condamné en première instance pour des violences sexuelles sur son filleul, des faits survenus durant des vacances en Grèce en août 2020.
EN BREF
- Dominique Boutonnat a été condamné pour agression sexuelle sur son filleul, alors âgé de 20 ans.
- Il a nié les faits mais reconnaît une certaine empathie envers son filleul.
- La décision finale sera rendue le 22 juin.
Lors de l’audience, l’avocate générale a souligné la « posture de déni » adoptée par M. Boutonnat. Bien qu’il ait nié les allégations, il a exprimé une compréhension accrue de la « souffrance réelle » de son filleul. Ce dernier a accusé M. Boutonnat d’avoir tenté de le masturber dans son lit après une baignade à la piscine, avant que l’agression ne se poursuive dans sa chambre.
En dépit des accusations, M. Boutonnat, qui était une figure influente du cinéma français, maintient que ses actes n’étaient pas de nature sexuelle. Il a reconnu avoir pris des photos de son filleul nu, prétendant que son intention était de capturer le paysage. Concernant l’échange de baisers, il insiste sur le fait que ceux-ci étaient consentis et initiés par son filleul.
Les circonstances de cette affaire sont complexes. Le lendemain des événements, les deux protagonistes ont convenu que M. Boutonnat était entré dans la salle de bain de son filleul pour l’embrasser, une action qu’il justifie comme une tentative de clarifier la situation. Il a déclaré : « Je n’arrive pas à croire que cela se soit produit entre nous. » Cette déclaration témoigne de sa difficulté à accepter la tournure des événements.
Lors des investigations, il a admis, dans un enregistrement, avoir commis des actes qu’il qualifie de « faute », mais il a catégoriquement rejeté l’idée qu’ils aient été d’ordre sexuel. Il a tenté de minimiser la gravité de ses actions en arguant qu’il agissait par « excès d’empathie ». Cette position a été contestée par l’avocate de la partie civile, qui a qualifié l’enregistrement de « cauchemar ».
La défense de M. Boutonnat a mis l’accent sur la complexité de la relation entre le prévenu et le jeune homme, évoquant une « mécanique de mensonge » de ce dernier. Les avocats de M. Boutonnat ont tenté de démontrer que les interactions entre les deux hommes étaient ambiguës et qu’il n’y avait pas d’intention malveillante de sa part.
La procédure judiciaire se poursuit, avec une décision finale attendue le 22 juin. Cette affaire met en lumière les enjeux de la lutte contre les violences sexuelles, notamment dans des contextes où les relations personnelles peuvent compliquer la perception des faits.
Cette situation soulève des interrogations sur la responsabilité des figures publiques en matière de comportement et sur les mécanismes de déni souvent rencontrés dans ces affaires. Dans un milieu aussi exposé que celui du cinéma, la vigilance face à ces problématiques est plus que jamais nécessaire.