La rhétorique de Donald Trump sur l’Iran prend une tournure alarmante. En menaçant qu’« une civilisation entière [allait] mourir ce soir » si Téhéran ne cédait pas à ses exigences concernant le détroit d’Ormuz, le président américain a provoqué un émoi qui dépasse le cercle de ses opposants habituels. Ce climat de tension a relancé une procédure rare, celle du 25e amendement, qui permettrait de déclarer un président inapte à gouverner.
EN BREF
- Donald Trump menace l’Iran, provoquant des réactions politiques fortes.
- Des élus, y compris des anciens soutiens, appellent à évoquer le 25e amendement.
- Les critiques transcendent les clivages politiques, remettant en question l’aptitude de Trump à gouverner.
Ce mécanisme constitutionnel, qui n’a été utilisé qu’une fois dans l’histoire des États-Unis, nécessite l’accord du vice-président et d’une majorité du gouvernement avant d’être soumis à un vote du Congrès. Bien que rarement évoqué, il est désormais sur la table suite à la séquence actuelle de déclarations belliqueuses de Trump.
Ce week-end, le président a déjà pris à partie l’Iran dans un message très virulent, promettant d’attaquer des infrastructures critiques. Ses propos, entre menaces militaires et références religieuses, ne font qu’exacerber des tensions déjà vives.
Les réactions politiques sont immédiates et virulentes. La sénatrice démocrate Patty Murray qualifie les propos de Trump de « divagations d’un dirigeant assoiffé de sang », tandis que le gouverneur du Kentucky, Andy Beshear, juge la situation « tout simplement délirante ».
Dans le même temps, d’autres élus démocrates intensifient la pression. Le représentant Mark Pocan souligne que Trump est « trop instable, dangereux et déséquilibré pour détenir les codes nucléaires ». Plusieurs responsables politiques s’inquiètent d’une dérive incompatible avec la gestion d’une crise internationale d’une telle ampleur.
La rupture la plus marquante vient cependant d’une ancienne figure du trumpisme, Marjorie Taylor Greene, qui, après avoir été un soutien loyal, appelle maintenant à activer le 25e amendement. Elle dénonce les propos de Trump comme relevant du « mal et de la folie », affirmant : « Pas une seule bombe n’est tombée sur les États-Unis. Nous ne pouvons pas tuer une civilisation entière. »
De plus, d’autres voix traditionnellement pro-Trump, comme la commentatrice conservatrice Candace Owens, soutiennent également cette idée. Elle appelle à une intervention, qualifiant Trump de « fou génocidaire » et estimant que le Congrès et l’armée doivent agir. « Nous avons dépassé le stade de la folie », écrit-elle.
Le malaise se propage également dans les rangs de la droite américaine. Le commentateur Tucker Carlson exhorte les responsables politiques et militaires à s’opposer au président, tandis qu’Alex Jones, un ancien soutien, évoque un « crime de guerre » en rapport avec les menaces de Trump. Il déclare que les paroles du président ressemblent à celles d’un « super-vilain incontrôlable sorti d’un film de Marvel ».
Il est pertinent de noter que l’idée d’un recours au 25e amendement n’est pas entièrement nouvelle. Déjà au début de l’année, après une offensive controversée contre le Venezuela, certains élus avaient émis cette hypothèse. Toutefois, la situation actuelle marque une escalade, les critiques s’intensifiant et dépassant les clivages politiques traditionnels.
À 79 ans, Donald Trump, déjà le président le plus âgé à avoir prêté serment, voit la question de son aptitude à gouverner revenir au premier plan. Les événements récents soulèvent des inquiétudes majeures quant à la stabilité et la direction de son administration à un moment où les tensions internationales sont particulièrement vives.