Arnaud Gallais alerte sur les conséquences des violences sexuelles sur les enfants

Le 25 février 2023, Arnaud Gallais, président de l’association Mouv’Enfants, a pris la parole pour dénoncer l’horreur des violences sexuelles subies par les enfants. Ce militant des droits de l’enfant, lui-même victime d’inceste, a exprimé son désespoir et son indignation lors d’une audition à l’Assemblée nationale, où il devait témoigner devant une commission d’enquête sur le traitement judiciaire de ces crimes.

EN BREF

  • Arnaud Gallais évoque son vécu et ses tentatives de suicide liées à son passé d’inceste.
  • Il dénonce le manque de condamnations pour les agresseurs et le silence entourant ces violences.
  • 160.000 mineurs victimes de violences sexuelles chaque année en France, selon la Ciivise.

Dans une lettre poignante lue par une représentante de son association, Arnaud Gallais a révélé avoir tenté de mettre fin à ses jours à deux reprises en février. « Si je suis absent, ce n’est pas par désintérêt », a-t-il écrit, exhortant les membres de la commission d’enquête à prendre conscience de la gravité de la situation. Il a souligné que les violences sexuelles sur les enfants peuvent avoir des conséquences dévastatrices, souvent invisibles, qui se manifestent des années plus tard.

Gallais a déclaré : « Ces violences tuent parfois lentement, parfois silencieusement. » Il a mis en lumière le fait que l’inceste est bien plus qu’un concept abstrait, le qualifiant de « bombe dans une vie ». Il a mis en avant les chiffres alarmants concernant les condamnations des agresseurs, affirmant que seulement 3 % d’entre eux sont jugés coupables, et moins de 1 % dans les cas d’inceste. Ce constat met en évidence un système judiciaire qui, selon lui, « épuise » les victimes jusqu’à les faire sombrer dans le désespoir.

Auparavant membre de la Commission indépendante sur l’inceste et les violences sexuelles à l’encontre des enfants (Ciivise), Gallais a critiqué les « querelles internes » et le manque d’actions concrètes au sein de cette structure. Il a insisté sur la nécessité d’une réponse urgente face à ce qu’il considère comme un « scandale sanitaire et politique », soulignant que 40 % des victimes développent des addictions, et que de nombreux problèmes de santé persistent chez les femmes ayant subi ces violences.

Gallais a appelé la commission d’enquête à ne pas être « tiède » dans ses actions. Il a posé des questions cruciales : « Pourquoi si peu de condamnations ? Pourquoi tant de classements sans suite ? Pourquoi tant d’expertises maltraitantes ? ». Ces interrogations visent à amener un changement significatif dans la manière dont la société aborde les violences sexuelles sur les enfants.

Les statistiques sont accablantes : chaque année, environ 160.000 mineurs en France sont victimes de violences sexuelles, un constat qui interpelle et soulève de nombreuses questions sur l’efficacité du système judiciaire et de la protection de l’enfance. Le témoignage d’Arnaud Gallais est un appel à l’action pour toutes les parties prenantes. Le temps des discours est révolu ; il est désormais urgent de passer à l’action pour protéger les enfants et garantir leur sécurité.