Attentat de Trappes : un suspect justifie son acte et ne montre aucun regret

Le 23 octobre dernier, un attentat raciste à Trappes et La Verrière a causé la mort d’une personne et blessé sept autres. Le suspect, Kévin T., âgé de 39 ans, a été transféré au tribunal judiciaire de Paris dans la nuit de mercredi à jeudi. Son éventuelle mise en examen par un juge d’instruction antiterroriste est désormais envisagée.

EN BREF

  • Kévin T. a affirmé avoir ciblé des personnes de type musulman lors de l’attaque.
  • Il justifie son acte en qualifiant Trappes de « repaire d’islamistes ».
  • Une information judiciaire a été ouverte pour assassinats en lien avec une entreprise terroriste.

Le procureur national antiterroriste, Olivier Christen, a fourni des détails sur le suspect lors d’une conférence de presse. Kévin T. a reconnu avoir spécifiquement visé des individus qu’il décrivait comme musulmans, africains ou nord-africains. Il a choisi Trappes, selon ses propres mots, parce que c’est « un repaire d’islamistes ».

Les déclarations de Kévin T. font écho à des propos tenus par Edwige Diaz, vice-présidente du Rassemblement national, qui avait qualifié Trappes de « ville islamiste » le 26 octobre sur BFMTV. Jordan Bardella, président du RN, avait pour sa part déjà caractérisé la commune des Yvelines comme une « république islamiste en miniature » en 2021.

Suite à l’attaque, un homme a perdu la vie et sept personnes ont été blessées, dont quatre d’entre elles dans un état grave. Au moment de la prise de parole du procureur, trois victimes restaient hospitalisées, avec un pronostic vital engagé pour l’une d’elles.

Kévin T. a contesté toute intention terroriste, qualifiant son action de légitime. Bien qu’il ait nié vouloir tuer des enfants, affirmant s’être mépris sur l’âge de l’une de ses victimes, il a exprimé qu’il n’éprouvait « aucun regret » pour ses actes.

Les investigations ont révélé que Kévin T. avait préparé son attaque de manière minutieuse. En plus des armes trouvées à son domicile, les autorités ont découvert des éléments troublants, tels qu’un dispositif de piégeage, des armes variées, ainsi qu’une collection de livres, incluant un Coran, une Bible, et « Mein Kampf ». Des autocollants à connotation politique ont également été saisis, certains portant des messages tels que « Vive la France, RN, fiers d’être français ».

Olivier Christen a précisé que ces autocollants n’étaient pas des matériels officiels d’un parti politique, mais que Kévin T. avait avoué les avoir conçus et commandés via Amazon. Ce dernier a également reconnu avoir été impliqué dans des mouvements de gauche, se qualifiant d’« infiltré » à un moment de sa vie.

Les éléments réunis jusqu’à présent ont conduit à l’ouverture d’une information judiciaire pour des chefs d’assassinats et tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste, en prenant en compte la motivation raciale et religieuse des victimes. Le dossier est désormais entre les mains de la justice, qui devra déterminer la suite des événements.