Attentat déjoué contre Bank of America : un jeune majeur et des mineurs impliqués

Ce week-end, un attentat visant le siège parisien de Bank of America a été déjoué, entraînant l’arrestation d’un jeune majeur et de plusieurs adolescents. Le parquet antiterroriste a établi un lien potentiel avec un groupuscule pro-iranien, ce qui ajoute une dimension préoccupante à cette affaire.

EN BREF

  • Un jeune majeur a été mis en examen pour un attentat déjoué contre Bank of America.
  • Deux adolescents ont également été impliqués dans le projet, avec un lien suspect au groupuscule pro-iranien.
  • Le ministre de l’Intérieur évoque un lien possible avec des tensions iraniennes.

Le jeune homme, âgé d’une vingtaine d’années et résidant en banlieue parisienne, a été placé en détention provisoire après avoir été interrogé par un juge d’instruction. Il est accusé de plusieurs infractions, dont l’association de malfaiteurs terroriste criminelle et la fabrication d’engins explosifs.

Selon les informations recueillies, le parquet national antiterroriste (Pnat) soupçonne ce jeune homme d’avoir recruté des adolescents pour mener à bien un plan consistant à déposer un engin explosif artisanal devant la banque. Les adolescents, dont deux ont été mis en examen, auraient été payés entre 500 et 1.000 euros pour réaliser cette mission.

Le projet a été mis en œuvre dans la nuit du 26 au 27 mars 2026, lorsque les mineurs ont tenté de déposer un engin explosif devant le siège de la banque. Une première tentative a échoué, mais leur seconde tentative a été interrompue par les forces de l’ordre, qui ont interpellé un adolescent de 17 ans en possession de l’engin.

Le Pnat a précisé que le dispositif explosif, constitué d’un cylindre en carton de 650 grammes de matière active, avait été analysé en laboratoire. Ses caractéristiques indiquent qu’il aurait pu provoquer une explosion d’une ampleur considérable, générant une boule de feu de plusieurs mètres de diamètre.

Les avocats de la défense ont exprimé leur indignation face à la communication du Pnat, qui a fourni des détails sur l’affaire à la presse avant que les avocats et la juge d’instruction n’en aient eu connaissance. Ce type de communication soulève des questions sur le respect des droits des accusés.

Les policiers avaient été alertés le 23 mars 2026 de la diffusion sur les réseaux sociaux d’une vidéo de propagande d’un groupe pro-iranien, « Harakat Ashab al-Yamin al-Islamiya ». Ce groupuscule a récemment revendiqué plusieurs attaques en Europe, ciblant notamment la communauté juive en Belgique, au Royaume-Uni et aux Pays-Bas.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, a souligné lors d’une interview que des liens pourraient exister entre cette tentative d’attentat et l’Iran. Il a indiqué que les tensions géopolitiques avec l’Iran pourraient inciter ce pays à soutenir des actes terroristes via des intermédiaires en Europe.

Les services de renseignement français, notamment la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), mettent en garde contre le retour d’un « terrorisme d’État iranien » sur le sol européen, avec des opérations visant à frapper des cibles civiles. Ces actions ont pour but d’accroître le sentiment d’insécurité, particulièrement parmi les opposants au régime iranien et la communauté juive.

Il est intéressant de noter que le jeune majeur a un passé judiciaire, ayant été condamné en 2025 pour trafic de stupéfiants. En revanche, les mineurs concernés n’avaient pas de casier judiciaire. Bien qu’ils contestent toute intention terroriste, ils reconnaissent qu’ils savaient que le lieu ciblé n’était pas un simple bâtiment résidentiel.

Le jeune homme a déclaré avoir été contacté par un tiers qui se présentait comme un intermédiaire, lui demandant de déposer l’engin explosif dans un cadre de vengeance personnelle. Il a affirmé que l’engin explosif lui avait été remis par une personne inconnue à son domicile.