Attention aux arnaques : vérifiez l’origine de votre gigot d’agneau cette Pâques

À l’approche des fêtes de Pâques, le rayon des supermarchés se transforme en un véritable tableau de tentations avec des gigots d’agneau affichant des prix alléchants. Toutefois, derrière ces emballages séduisants, se cache une réalité qui mérite votre attention. Si vous pensez acheter un produit local, il est essentiel de vérifier l’origine de votre viande.

EN BREF

  • La France couvre 60 % de sa consommation de viande ovine.
  • Une partie significative des gigots provient de l’étranger, notamment d’Irlande et de Nouvelle-Zélande.
  • La traçabilité est garantie par des mentions spécifiques sur l’étiquetage.

Les chiffres parlent d’eux-mêmes : selon FranceAgriMer, plus de 20 % des achats de viande ovine se font autour de Pâques, et la France ne satisfait environ que 60 % de sa consommation en viande ovine. Par conséquent, de nombreux gigots en promotion ne proviennent pas de nos pâturages, mais de pays comme l’Irlande, le Royaume-Uni ou la Nouvelle-Zélande.

Cette situation s’explique par un cheptel insuffisant en France, poussant la filière ovine à importer. En 2023, à peine 44 % de la viande ovine consommée en France est d’origine française, la majorité étant importée d’Europe ou de l’autre bout du monde. Un agneau né en Nouvelle-Zélande peut parcourir près de 19 000 kilomètres et passer 30 à 40 jours dans des conteneurs réfrigérés avant d’arriver dans votre assiette.

Malgré cette réalité, la présentation dans les magasins est souvent trompeuse. Les consommateurs sont attirés par des promotions agressives et des emballages qui évoquent le terroir : photos de prairies verdoyantes, mentions de « Gigot Tradition » ou « Sélection du boucher ». Cependant, la Direction Générale de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF) a constaté plus de 30 % d’anomalies concernant l’étiquetage et la traçabilité des viandes, avec des cas de francisation de l’origine.

Comprendre l’étiquetage pour éviter les erreurs

Pour la viande ovine préemballée, la réglementation européenne impose que l’étiquette mentionne des informations précises sur l’origine. Le triptyque « Né en », « Élevé en », « Abattu en » est essentiel pour assurer la traçabilité. Ces mentions relèvent du droit alimentaire et du Code de la consommation. À côté de cela, d’autres indications comme les drapeaux ou les slogans sont souvent du marketing et ne garantissent pas que l’animal ait été élevé en France.

La DGCCRF rappelle que seule l’estampille sanitaire est un indicateur fiable de l’origine et du lieu d’abattage de la viande. Cette marque obligatoire, en forme d’ovale, affiche un code pays à deux lettres, tel que FR pour la France, IE pour l’Irlande, ou NZ pour la Nouvelle-Zélande. Si les deux premières lettres ne sont pas FR, cela signifie que votre gigot n’a pas été préparé dans un établissement français.

Lorsque vous vous trouvez devant le rayon, commencez par vérifier la ligne « Origine » ou le trio « Né en », « Élevé en », « Abattu en ». Pour assurer que votre agneau soit vraiment français, toutes ces mentions doivent indiquer la France. Si vous trouvez « Origine : Nouvelle-Zélande » ou « Élevé en NZ – Abattu en NZ », il est clair que vous devez reconsidérer votre choix. N’oubliez pas de jeter un œil à l’ovale sanitaire : les deux premières lettres doivent être FR. Pour plus de sécurité, recherchez également le logo Viande Ovine Française (VOF) ou « Viandes de France ». Si vous avez des doutes, conservez votre ticket et photographiez l’étiquette pour un signalement sur SignalConso.

En cette période de Pâques, il est donc crucial de rester vigilant face aux étiquettes et aux promesses marketing. Une simple vérification peut vous éviter de tomber dans le piège des arnaques, garantissant ainsi que votre repas de fête soit réellement à la hauteur de vos attentes.