Au Porge, une cellule psychologique pour aider enfants et parents après l’incendie

Deux jours après le retour des habitants au Porge, la commune girondine la plus touchée par l’incendie, un nouvel enjeu se présente : aider les sinistrés à avancer dans ce contexte difficile. Pour ce faire, une cellule d’urgence médico-psychologique a été mise en place dans l’école primaire de la commune, offrant un soutien essentiel aux familles.

EN BREF

  • Une cellule médico-psychologique a été établie au Porge pour aider les sinistrés.
  • Les enfants et les parents reçoivent un soutien pour libérer la parole.
  • Jérôme, un père, témoigne de l’importance de ce soutien pour avancer.

La situation est particulièrement délicate pour les enfants, qui éprouvent le besoin de s’exprimer sur les événements tragiques qu’ils ont vécus. Jonas, un garçon de neuf ans, ne cesse de parler de l’incendie, évoquant les maisons de ses voisins et amis, dont certaines ont été ravagées par les flammes. “On a des copains dont le cabanon était en fer et on ne sait pas comment il est. Il est fondu mais on ne l’a pas vu”, raconte-t-il, illustrant l’angoisse qui habite de nombreux jeunes de la commune.

Son petit frère, Maxence, ne cache pas non plus son inquiétude. “Il y a deux copains, leur maison a brûlé”, confie-t-il, révélant ainsi l’impact émotionnel de la catastrophe sur les plus jeunes. Pour aider à canaliser ces émotions, Jérôme, leur père, a décidé de les amener à l’école, où des psychologues remplacent temporairement les enseignants afin d’offrir un cadre sécurisant pour la parole.

Ce soutien psychologique ne se limite pas aux enfants. Les parents sont également invités à participer, avec pour objectif de leur apprendre à utiliser les mots justes pour parler de la tragédie avec leurs enfants. Jérôme souligne l’importance de ces échanges : “On leur a expliqué qu’on ne joue pas avec le feu, que ça peut être très grave et qu’on les a protégés au maximum en s’éloignant des feux justement.”

Pour Jérôme, le processus de guérison passe par l’acceptation et la projection vers l’avenir. “Il faut avancer et donc on laisse les choses derrière pour avancer dans la vie. Pour rebâtir un nouveau Porge”, affirme-t-il avec détermination. Ce témoignage met en lumière la résilience des habitants face à l’adversité, mais aussi la nécessité d’un accompagnement adapté pour surmonter cette épreuve.

À travers cette cellule d’urgence, la commune du Porge montre l’importance d’une réponse collective face à la détresse psychologique engendrée par un événement aussi traumatisant qu’un incendie. Il s’agit d’un premier pas vers la reconstruction, non seulement des bâtiments, mais aussi des relations et des esprits des enfants et des parents touchés.