Au Quai d’Orsay, le CDCS en première ligne face aux répercussions de la guerre au Moyen-Orient

Depuis le début du conflit en Iran, le centre de crise et de soutien (CDCS) du ministère français des Affaires étrangères, situé au Quai d’Orsay à Paris, a vu son activité intensifiée. Les répercussions de la guerre se font sentir bien au-delà des frontières de la région, impactant notamment des touristes français bloqués en Asie. Le CDCS s’organise pour répondre à cette situation complexe.

EN BREF

  • 20.000 Français se trouvent actuellement en Asie, avec des problèmes de rapatriement.
  • Le CDCS gère des appels d’urgence et coordonne des solutions avec les compagnies aériennes.
  • Une cellule médico-psychologique a été intégrée pour soutenir les ressortissants en détresse.

Martial, un ancien militaire et bénévole de la Croix Rouge, témoigne : « Il y a une dizaine de jours, nous recevions des appels de Français cherchant à fuir la guerre. Aujourd’hui, ce sont des touristes rencontrant des problèmes de vols annulés. » Les équipes du CDCS traitent actuellement des situations d’urgence pour environ 400.000 ressortissants français présents dans les pays touchés par le conflit, parmi lesquels 20.000 se trouvent bloqués en Asie.

Selon Maud Bregeon, porte-parole du gouvernement, près de 20.000 Français ont pu rentrer, dont une majorité via des vols commerciaux. En outre, 2.000 personnes considérées comme vulnérables, notamment des enfants et des femmes enceintes, ont bénéficié d’un rapatriement spécial organisé par le ministère des Affaires étrangères.

Le personnel du CDCS travaille sans relâche, avec des équipes disponibles 24 heures sur 24 pour identifier les personnes pouvant bénéficier des vols affrétés. Marine Meneret, médecin urgentiste à Tours, fait partie des 200 médecins de la réserve sanitaire mobilisés pour évaluer l’état de santé des ressortissants. « Je réalise des consultations à distance pour déterminer si leur état est compatible avec un retour », explique-t-elle.

Depuis le début de la guerre, le 28 février, le CDCS a traité 12.000 appels, avec une diminution notable de la fréquence des demandes, qui est passée de plus de 1.000 par jour à 500. Philippe Lalliot, directeur du CDCS, souligne que la crise a des effets qui s’étendent au-delà du Moyen-Orient, nécessitant une adaptation des dispositifs de réponse.

Le Quai d’Orsay collabore désormais avec les compagnies aériennes pour faciliter le retour des touristes français situés en Thaïlande, au Vietnam, au Sri Lanka et en Inde. Ces pays accueillent les plus grands contingents de Français, qui doivent passer par des hubs aériens comme Doha et Dubaï, déjà ciblés par des attaques de drones et de missiles.

La complexité de la situation est accentuée par la durée du conflit. « On ne gère pas une crise de 48 heures comme une crise qui peut durer plusieurs semaines », précise Philippe Lalliot, notant que la mobilisation des équipes pour les réponses téléphoniques requiert jusqu’à 150 personnes.

Face à l’urgence croissante, le CDCS a intégré une cellule médico-psychologique pour aider les personnes souffrant de détresses psychologiques en raison de la situation. « Nous orientons les plus fragiles vers des professionnels », indique Lalliot, soulignant que même ceux sans pathologies peuvent ressentir un stress intense.

Marine Meneret souligne l’importance de l’écoute : « Le simple fait de parler à un médecin rassure les personnes. Nous faisons de notre mieux pour honorer leurs demandes et, si nécessaire, nous leur fournissons des ordonnances. » Cette aide est cruciale, surtout pour ceux qui ne peuvent pas poursuivre leurs traitements habituels.

En parallèle, le CDCS porte également une responsabilité humanitaire. Au Liban, l’équipe traite à la fois la protection de 24.000 ressortissants et les missions humanitaires destinées à la population locale. Une opération de fret de 60 tonnes d’aide aux réfugiés est prévue, illustrant l’engagement de la France face à cette crise mondiale.