Aubagne : tir au collège Joseph-Lakanal, relance du débat sur la sécurité scolaire

Le drame survenu au collège Joseph-Lakanal à Aubagne, où un collégien de 14 ans a ouvert le feu, remet en question les mesures de sécurité dans les établissements scolaires. Ce lundi 12 octobre 2026, l’adolescent a pénétré dans son collège avec un fusil dissimulé dans un étui à guitare, blessant légèrement le principal et une enseignante. Le parquet de Marseille a ouvert une enquête pour tentatives d’assassinat.

EN BREF

  • Un collégien a tiré dans son établissement, blessant deux membres du personnel.
  • Le Conseil départemental s’engage à sécuriser les établissements non équipés.
  • Le débat sur l’efficacité des portiques de sécurité est relancé.

Martine Vassal, présidente du Conseil départemental des Bouches-du-Rhône, a exprimé son indignation face à cette attaque, soulignant l’absence de dispositifs de sécurité dans le collège. Elle a promis d’installer des portiques et des systèmes de vidéosurveillance dans les collèges du département, malgré les réticences des équipes éducatives. Actuellement, 17 des 138 collèges publics des Bouches-du-Rhône ne disposent pas de telles mesures de sécurité.

Il est à noter que le collège Joseph-Lakanal avait déjà demandé l’installation de dispositifs de sécurité, jugés trop anxiogènes par le conseil d’administration par le passé. La situation soulève des interrogations sur l’efficacité de ces mesures, notamment face à des incidents de cette gravité.

Kamel Chibli, vice-président de la région Occitanie, a co-écrit un rapport sur la sécurité des mineurs et déclare que les portiques ne sauraient garantir une sécurité absolue. Il rappelle que la sensibilisation et la formation des équipes éducatives sont essentielles pour prévenir des actes violents. Il conclut en soulignant que le risque zéro n’existe pas, même avec des dispositifs de sécurité en place.

Les réactions à cet incident soulignent également les limites des dispositifs de sécurité. Le docteur Jérôme Marty a mis en avant la bonne réaction de l’équipe éducative face à l’événement et a noté que la France a montré une certaine efficacité dans ces situations. Il rappelle cependant que des tragédies similaires se sont déjà produites, comme l’attaque d’une surveillante à Nogent en Haute-Marne en 2025, illustrant que les mesures de sécurité ne sont pas infaillibles.

Laura Warton-Martinez, intervenante dans le débat, a également critiqué l’idée que les portiques soient la solution adéquate. Elle évoque le besoin d’une approche plus globale, prenant en compte le bien-être psychologique des élèves. Elle souligne que de nombreux jeunes souffrent de problèmes psychologiques non adressés, ce qui peut mener à des comportements violents.

Les témoignages recueillis révèlent une inquiétude croissante quant à la violence dans les établissements scolaires. Mourad Boudjellal, sur RMC Story, met en garde contre une banalisation de la violence, affirmant que si la situation ne s’améliore pas, de futures tragédies pourraient se produire. De nombreux anciens élèves du collège partagent des souvenirs de tensions et de violence dans l’établissement, ce qui souligne un malaise plus profond dans la société.

Le président de la République, Emmanuel Macron, a salué le sang-froid de l’équipe éducative, qui a réussi à gérer la situation de manière exemplaire, permettant d’éviter un drame encore plus grave. Les autorités doivent désormais répondre à ces questions de sécurité dans les écoles afin d’assurer un environnement serein pour les élèves et le personnel éducatif.

Alors que les débats autour des mesures de sécurité se poursuivent, l’incident à Aubagne rappelle l’urgence d’une réflexion profonde sur la manière de protéger les élèves tout en évitant d’instaurer un climat de peur dans les établissements scolaires.