Le numéro d’écoute 3919, dédié aux femmes victimes de violences, a révélé des chiffres préoccupants concernant les violences conjugales en 2025. Avec plus de 108 000 appels enregistrés, cette ligne d’écoute gratuite et anonyme, gérée par la Fédération nationale Solidarité Femmes (FNSF), a observé une hausse significative de 7,8 % par rapport à l’année précédente.
EN BREF
- Plus de 108 000 appels au 3919 en 2025, majoritairement pour des violences conjugales.
- 92 % des appels concernent des violences faites aux femmes.
- Conséquences psychologiques graves pour les victimes, dont 95 % ressentent de la peur.
Dans son rapport publié le 5 mars, la FNSF a souligné que cette augmentation des appels est en partie due à une meilleure connaissance de la ligne d’écoute par le public. Toutefois, Mine Günbay, directrice de la FNSF, a également mis en avant le manque de dispositifs et de financements pour les associations qui soutiennent les femmes victimes de violences dans toute la France. Cette saturation des services locaux contribue à l’augmentation des appels au 3919.
Le rapport indique que 78 % des appels portent sur des violences faites aux femmes, tandis que 92 % des cas concernés sont des violences conjugales. Pour être plus précis, 63 561 fiches ont été établies pour ces cas de violences conjugales, chaque fiche étant élaborée lorsque l’appel porte sur des violences spécifiques et que suffisamment d’informations ont été recueillies.
Les femmes appelant le 3919 rapportent souvent plusieurs types de violences. En moyenne, elles évoquent trois formes de violences conjugales simultanément. Parmi ces témoignages, 85 % des appelantes signalent des violences psychologiques, telles que des humiliations et des chantages. De plus, 71 % d’entre elles sont victimes de violences verbales et 48 % mentionnent des violences physiques, dont 13 % d’étouffements ou de strangulations.
Les violences sexuelles représentent également une part inquiétante des appels, touchant 15 % des cas, avec 61 % des violences sexuelles étant des viols commis par un partenaire. Les violences économiques, telles que la manipulation des finances ou la privation de ressources, ont également augmenté de 23 %. Ces violences entraînent une précarité et un isolement pour 65 % des victimes.
Les répercussions sur la santé mentale des victimes sont alarmantes. 79 % des femmes rapportent des problèmes psychiques, tandis que 95 % ressentent de la peur, de l’anxiété ou du stress. En outre, 81 % des appelantes se déclarent en dépression ou très fatiguées, et 72 % d’entre elles souffrent d’une perte d’estime de soi. Des cas de mutilation, de pensées suicidaires et même de tentatives de suicide ont également été signalés, touchant respectivement 10 %, 8 % et 2 % des appelantes. En outre, 11 % des handicaps déclarés par ces femmes sont directement liés aux violences subies.
Les enfants sont également impactés par ces violences. Au moins 22 390 mineurs sont concernés, car la majorité des femmes qui appellent sont mères. 96 % des enfants subissent des violences indirectes, notamment en étant témoins de scènes traumatisantes, et 51 % subissent des maltraitances directes.
La tranche d’âge la plus touchée par ces violences est celle des femmes de 30 à 39 ans. Selon les données de la FNSF, 73 % des appels proviennent des victimes elles-mêmes, tandis que 23 % émanent de leurs proches. Le rapport souligne également que les auteurs de violences sont souvent des récidivistes, 73 % d’entre eux ayant déjà commis des violences par le passé, dont 25 % dans une autre relation.
Ces chiffres tragiques mettent en lumière l’urgence d’agir pour soutenir les victimes de violences conjugales et renforcer les dispositifs d’écoute et d’accompagnement sur tout le territoire.