Depuis le 1er octobre 2026, les franchises médicales ont été revalorisées, entraînant une augmentation de la participation financière des assurés. Ce changement, peu médiatisé, concerne particulièrement ceux qui consultent fréquemment des professionnels de santé. Le décret n° 2026-858, publié au Journal officiel le 12 septembre 2026, modifie le plafond annuel de ces franchises, ce qui a des répercussions sur le reste à charge des patients.
EN BREF
- Le plafond des franchises médicales passe de 100 à 140 euros.
- Les assurés les plus fréquents sont les plus impactés par cette hausse.
- Les complémentaires santé ne couvrent pas ces nouvelles franchises.
Chaque année, les petites contributions pour les soins médicaux s’accumulent sur le relevé de remboursement de l’assuré. Cela inclut les consultations, les médicaments et les transports sanitaires. Une fois un certain plafond atteint, l’assuré ne paie plus rien pour le reste de l’année. Ce plafond a récemment été augmenté, ce qui a des conséquences directes sur le budget de nombreux Français.
Le nouveau plafond a été fixé à 140 euros, soit une augmentation de 40 % par rapport à l’ancien montant. Ce changement s’articule autour de deux enveloppes distinctes de 70 euros chacune, alors qu’auparavant, il ne s’agissait que d’une seule enveloppe de 50 euros. Cette première enveloppe couvre les consultations, tandis que la seconde regroupe les boîtes de médicaments, les actes paramédicaux et les transports sanitaires. De plus, le nombre de participations forfaitaires prises en compte dans l’année a été porté de 25 à 35.
Malgré cette hausse du plafond, le gouvernement assure que les montants unitaires de chaque acte demeurent inchangés. Par exemple, une consultation reste à 2 euros, et une boîte de médicaments à 1 euro. Ce qui change, c’est le moment où l’on atteint le plafond, rendant ainsi le coût des soins plus élevé pour ceux qui consultent fréquemment.
Cette réforme soulève des inquiétudes, notamment pour les patients chroniques qui, en raison de leur état de santé, ont besoin de soins réguliers. Le gouvernement estime que l’impact financier pour la majorité des assurés ne sera que de quelques centimes par mois. Cependant, pour les patients en affection longue durée, le surcoût pourrait atteindre deux euros par mois.
Il est essentiel de noter que les dispositifs de complémentaire santé dits « responsables » sont interdits de remboursement de ces franchises et participations forfaitaires. En conséquence, toute la hausse reste à la charge des assurés. Cela signifie qu’il n’existe pas de filet de sécurité pour amortir cette augmentation, même pour ceux qui bénéficient d’une bonne mutuelle.
Actuellement, environ 18 millions de personnes restent exonérées de ces franchises. Cela inclut les mineurs, les bénéficiaires de la Complémentaire santé solidaire, les femmes enceintes, ainsi que d’autres catégories spécifiques. Pour tous les autres assurés, cette augmentation des franchises s’applique sans exception.
La ministre de la Santé, Stéphanie Rist, a justifié cette décision en expliquant que les plafonds n’avaient pas été modifiés depuis leur création, il y a vingt ans. L’objectif de cette réforme est, selon elle, de mieux maîtriser les dépenses de l’Assurance maladie dans un contexte où le vieillissement de la population et les maladies chroniques augmentent les besoins de soins.
Les assurés sont donc invités à suivre attentivement leurs relevés de remboursement, car cette augmentation, bien que modeste en apparence, peut avoir des répercussions significatives sur un budget déjà contraint. Le système actuel semble demander davantage de contributions à ceux qui en ont le plus besoin, tout en préservant les plus vulnérables.
Enfin, cette situation soulève des questions quant aux futures réformes de santé et à la manière dont elles pourraient affecter les assurés, notamment en ce qui concerne les arrêts maladie et d’autres dispositifs de santé.