Augmentation des quotas de pêche aux maquereaux malgré les avertissements scientifiques

Ce lundi 30 mars, l’Union européenne a décidé d’augmenter ses quotas de pêche de maquereaux dans l’Atlantique Nord pour 2026, une décision controversée qui va à l’encontre des recommandations des scientifiques. Ces derniers avaient exprimé de vives inquiétudes concernant l’état de l’espèce, déjà menacée par la surpêche.

EN BREF

  • Les quotas de pêche de maquereaux pour 2026 augmentent de 48 %.
  • Les scientifiques recommandent une réduction de 70 % pour protéger l’espèce.
  • Les pêcheurs français demandent une harmonisation des efforts de réduction avec les pays nordiques.

Initialement, lors d’une réunion en décembre, les pays de l’UE avaient accepté de suivre les recommandations du Conseil international pour l’exploration de la mer (Ciem) en proposant une réduction drastique des captures, s’élevant à 70 % par rapport à 2025. Toutefois, sous la pression des pêcheurs et dans un souci d’équilibre avec les pays voisins tels que le Royaume-Uni, la Norvège, les îles Féroé et l’Islande, l’Union européenne a finalement opté pour une baisse moins sévère, fixée à 48 %.

Cette décision s’inscrit dans un contexte où le maquereau de l’Atlantique, fuyant les eaux réchauffées, a migré vers le Nord, se retrouvant ainsi vulnérable à la surpêche. Les scientifiques mettent en garde : la reproduction de cette espèce n’est plus garantie, notamment autour de l’Islande et de la Norvège, zones désormais considérées comme critiques pour la survie du maquereau.

Le désaccord persistant entre l’Union européenne et ses voisins, accusés de surexploiter la ressource, complique la situation. Face à l’absence d’un accord commun pour une réduction significative de la pêche, les pays européens ont choisi de s’aligner sur une alternative moins stricte. Cette décision a suscité des débats intenses, certains critiques arguant qu’elle compromet l’avenir de l’espèce.

La ministre française de la pêche, Catherine Chabaud, a exprimé des réserves concernant cette hausse des quotas. Bien que la France n’ait pas formellement contesté la décision, elle a appelé à des négociations multilatérales avec les pays voisins pour établir un cadre de gestion durable de la pêche au maquereau. « Il est urgent de ne pas trop pressuriser la ressource », a-t-elle déclaré, soulignant la nécessité d’une approche concertée pour protéger cette espèce essentielle.

La question des quotas de pêche est particulièrement sensible dans le cadre des relations entre l’Union européenne et l’Islande, qui envisage de reprendre ses négociations d’adhésion. Les discussions autour de la pêche pourraient donc devenir un point névralgique dans ces pourparlers, surtout si l’issue d’un référendum prévu fin août en Islande se révèle positive pour l’adhésion.

Dans l’attente des résultats de ces négociations, la décision de l’Union européenne d’augmenter les quotas de maquereaux soulève des préoccupations quant à l’avenir de cette espèce et à l’équilibre des écosystèmes marins, qui sont déjà sous pression. Les prochaines étapes seront cruciales, tant pour les pêcheurs que pour la durabilité de la ressource.