Alors que l’été est traditionnellement synonyme de hausse d’activité pour les sociétés de déménagement, cette année, la situation semble bien différente. En effet, les professionnels du secteur constatent une baisse significative de leur chiffre d’affaires, notamment durant la période des grandes vacances.
EN BREF
- Les sociétés de déménagement enregistrent une chute de 15 à 17% de leur chiffre d’affaires.
- 44% des Français reportent ou renoncent à leur projet de déménagement en raison de l’économie.
- Les professionnels anticipent une nouvelle baisse d’activité d’au moins 15% pour 2026.
Fin juin, les chiffres sont déjà alarmants : les sociétés de déménagement accusent une baisse de 15 à 17% de leur chiffre d’affaires, un phénomène qui s’inscrit dans une tendance plus large. En effet, depuis deux ans, la profession observe une diminution de 30% des contacts entrants et de 15% des déménagements réalisés chaque année.
Pour les particuliers, la situation est également préoccupante. Selon le baromètre 2026 Nextories, réalisé par Ipsos Digital, 44% des Français ayant envisagé un déménagement ont dû soit le reporter (28%), soit y renoncer (16%) au cours des douze derniers mois. Cette situation s’explique par un contexte économique difficile, marqué par l’inflation, le coût élevé de l’immobilier et une instabilité politique grandissante.
Le secteur du déménagement avait déjà enregistré des baisses notables ces dernières années. En 2023, le chiffre d’affaires des déménageurs avait chuté de 25 à 30%, suivi d’une nouvelle baisse de 18% l’année suivante. Pour 2026, les professionnels s’attendent à une nouvelle contraction d’au moins 15%, ce qui laisse présager des mois difficiles à venir.
Xavier Berton, président d’une société de déménagement, exprime son inquiétude face à cette situation sans précédent : « Habituellement, nous refusions 15 à 30% des demandes, aujourd’hui, nous ne refusons rien du tout. La dernière semaine de juin jusqu’à la rentrée n’est pas du tout euphorique. » Il constate que son activité a baissé de 15% par rapport à l’année dernière et déplore des temps « aussi compliqués et durs ».
Philippe Thiercelin, du groupe Les Gentlemen du Déménagement, partage ce constat. Il souligne que « quand le bâtiment se porte bien, tout va bien », mais que cette année, tout est à l’arrêt. Il fait état d’une diminution des mutations et d’un marché immobilier très cher, compliquant l’accès au financement pour les futurs déménageurs. Les consommateurs se montrent de plus en plus réticents à changer de domicile.
Cette situation a des répercussions directes sur les entreprises. Contrairement aux années précédentes, elles n’ont pas prévu de recruter de nouveaux employés pour la période estivale. Olivier Vermorel, président de la Chambre syndicale du déménagement, exprime ses craintes quant à l’avenir : « Les gens ont peur, nous vivons dans une incertitude forte jusqu’aux élections, tous les projets sont bloqués. » Cette situation l’amène à s’interroger sur la capacité de son entreprise à fournir du travail à ses nouveaux apprentis dès la rentrée.
La profession semble donc à un tournant, l’avenir des sociétés de déménagement étant plus que jamais incertain. Les acteurs du secteur espèrent une amélioration rapide de la conjoncture économique, mais pour l’heure, le constat est sans appel : une période de vaches maigres s’annonce pour les mois à venir.