La situation énergétique en France se détériore, illustrée par une chute significative de la consommation de carburants. En effet, après une forte hausse des prix due à la guerre en Iran et au blocage du détroit d’Ormuz, les Français hésitent à faire le plein. Les derniers relevés montrent une baisse préoccupante de la consommation de gazole et de supercarburants.
EN BREF
- La consommation de gazole a chuté de 18,55 % en avril par rapport à l’année précédente.
- Emmanuel Macron appelle le gouvernement à trouver des « nouvelles réponses » face à la hausse des prix.
- Cette baisse touche également les agriculteurs et les pêcheurs utilisant du gazole non routier.
Entre le 11 et le 20 avril 2026, la consommation de gazole a enregistré une baisse de 18,55 % par rapport à la même période l’année précédente, tandis que celle des supercarburants a diminué de 14,5 %, selon un relevé national de la consommation de carburant. Les premiers jours d’avril montrent également une tendance à la baisse, bien que moins marquée, avec des chutes de 13,88 % pour le gazole et 2,40 % pour les supercarburants.
Cette tendance contraste fortement avec le mois de mars, où une augmentation de la consommation des supercarburants de 8,28 % avait été observée. À l’époque, la crainte d’une pénurie et l’anticipation de prix encore plus élevés avaient poussé de nombreux automobilistes à faire le plein en urgence. Aujourd’hui, le prix du gazole atteint 2,20 euros le litre, tandis que le supercarburant SP95-E10 est à 2 euros, ce qui incite les usagers à limiter leurs déplacements.
Francis Pousse, président du syndicat professionnel Mobilians, a qualifié cette situation de « vraie dégringolade » concernant la consommation de carburants au cours de cette seconde période d’avril. Il souligne que cette baisse ne se limite pas aux automobilistes. Les agriculteurs et les pêcheurs, qui utilisent du gazole non routier, constatent également une diminution de 26,18 % de leur consommation durant la même période par rapport à 2025.
Dans ce contexte, Emmanuel Macron a évoqué, lors du Conseil des ministres, la nécessité pour le gouvernement de réfléchir à des « nouvelles réponses » pour faire face à la hausse des prix de l’énergie, dans un environnement géopolitique incertain. La porte-parole du gouvernement, Maud Bregeon, a précisé que le président souhaite que chaque ministre rencontre les professionnels affectés par cette crise pour définir des solutions adaptées.
Le chef de l’État a demandé de construire, en collaboration avec ces acteurs, des mesures visant à soutenir la trésorerie des secteurs touchés et à anticiper les évolutions des semaines à venir. Cette approche vise à apporter des réponses ciblées et efficaces, en tenant compte des réalités économiques des Français, face à une situation qui pourrait se prolonger.
Alors que la consommation de carburants continue de chuter, les réponses du gouvernement seront scrutées avec attention. Les acteurs économiques espèrent des mesures concrètes qui leur permettront de naviguer dans cette période délicate, et de faire face à l’inflation qui touche de nombreux secteurs.