Baisser son thermostat d’1°C : une économie de 105 € selon l’ADEME

À l’approche de l’hiver, la question de la gestion du chauffage devient cruciale pour de nombreux Français. Une recommandation de l’ADEME, l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie, suggère que diminuer la température de son thermostat d’un simple degré pourrait engendrer jusqu’à 7 % d’économies sur la facture énergétique. Ce geste, apparemment anodin, peut avoir des répercussions financières bien plus significatives qu’on ne le pense.

EN BREF

  • Un degré de moins sur le thermostat peut réduire la facture de 105 € par an.
  • Le chauffage représente près de deux tiers des dépenses énergétiques d’un foyer.
  • Un décret imposera un système de régulation de la température à partir de 2027.

Le chauffage constitue, en effet, le poste de dépense énergétique le plus lourd pour la plupart des ménages français. En moyenne, il représente environ 66 % de la consommation totale d’énergie d’un logement, éclipsant ainsi d’autres postes tels que l’eau chaude ou les appareils électroménagers. Cette réalité met en lumière l’impact considérable qu’un unique degré de consigne peut avoir sur la consommation énergétique.

Sur une facture annuelle qui atteint 1 500 euros, réduire la température d’un degré pourrait se traduire par une économie de 105 euros, selon les calculs de l’ADEME. Dans un contexte où les prix des énergies, notamment du gaz, risquent d’augmenter cet hiver, chaque degré économisé prendra d’autant plus d’importance.

La physique joue un rôle clé dans cette dynamique. En abaissant la température de consigne, on réduit l’écart thermique entre l’intérieur et l’extérieur, ce qui diminue l’effort requis par le système de chauffage. Plus l’écart est important, plus les déperditions de chaleur à travers les murs, le toit et les fenêtres sont accentuées.

Cependant, il est important de noter que le thermostat ne mesure qu’une seule température, là où le corps humain perçoit des variations plus subtiles. Ce phénomène, appelé effet de paroi froide, se produit lorsqu’un mur mal isolé capte la chaleur corporelle par rayonnement, créant une sensation de froid même si l’air ambiant est à une température confortable. Par exemple, un mur à 14 °C dans une pièce à 20 °C peut être perçu comme n’atteignant qu’une température ressentie de 17 °C.

Dans les logements les plus mal isolés, les occupants se voient parfois contraints de pousser le thermostat jusqu’à 24 °C pour ressentir 20 °C, une dérive que les recommandations de sobriété énergétique cherchent à éviter. À l’inverse, dans un logement bien isolé, abaisser la température d’un degré peut passer inaperçu.

Un autre réflexe courant, mais coûteux, reste l’utilisation de chauffages d’appoint. Ces appareils, souvent très énergivores, peuvent consommer jusqu’à deux fois plus qu’un radiateur classique. Il est donc plus judicieux de s’attaquer aux problèmes d’isolation, qu’ils concernent les murs ou les fenêtres, surtout pour les foyers à budget serré.

La méthode recommandée par l’ADEME pour tester cette stratégie est simple : baisser le thermostat d’un degré, observer les effets pendant une semaine et ajuster si nécessaire. En général, il est conseillé de maintenir une température de 19 °C dans les pièces de vie, tout en tenant compte de l’état d’isolation du logement.

À partir du 1er janvier 2027, un décret imposera également un système de régulation automatique de la température dans les logements, afin de favoriser une gestion plus efficace de la consommation énergétique. Ainsi, un simple geste comme baisser son thermostat peut avoir des répercussions différentes selon l’âge et l’isolation de votre maison.

En conclusion, même si un degré peut sembler insignifiant, il peut représenter une économie considérable ou peu d’impact, en fonction de l’isolation de votre habitat. Avez-vous déjà tenté de diminuer la température de votre thermostat ? Les résultats pourraient vous surprendre.