Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, évoque le racisme subi lors de sa campagne

Élu récemment à la mairie de Saint-Denis, Bally Bagayoko espérait que sa victoire serait célébrée comme il se doit. Cependant, il a rapidement été confronté à une attention médiatique détournée par des attaques racistes. Invité sur le plateau de l’émission 2010 sur M6, il a partagé son indignation face à ces insultes qui ont entaché sa campagne.

EN BREF

  • Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, victime de racisme pendant sa campagne.
  • Il appelle à agir pour contrer les discours racistes en France.
  • Un rassemblement citoyen contre le racisme est prévu à Saint-Denis.

Dans ses déclarations, Bally Bagayoko a indiqué : « J’aurais préféré être honoré à la hauteur d’une ville importante qu’on vient de ravir. Ce qui a fait exploser ma notoriété, malheureusement, ce sont les propos racistes. Je ne m’y attendais pas. Mais j’étais quand même préparé. » Son expérience en politique, bien que riche, ne l’a pas préparé à une telle hostilité.

Le maire a évoqué des préjugés persistants au sein de la population. « Souvent, j’entendais dans les rues de Saint-Denis ou des quartiers populaires que les gens ne sont pas prêts à voter pour un noir. Les gens ne sont pas prêts à voter pour un blanc. » Il reconnaît que ces idées reçues ont été largement démenties par les résultats des élections.

Pour Bally Bagayoko, les habitants de Saint-Denis et de Pierrefitte-sur-Seine ont prouvé qu’ils votent avant tout pour un projet, indépendamment de l’origine de leurs élus. « Les habitants […] sont la démonstration qu’ils sont en parfaite capacité de voter pour un programme porté par quelqu’un qui réitère de l’immigration. » Cela témoigne d’un changement de mentalité au sein de la population, qui semble prête à embrasser la diversité.

Face aux attaques personnelles qu’il a subies, Bally Bagayoko n’a pas caché son indignation. Il a exprimé que ces remarques racistes sont une réminiscence de l’histoire coloniale de la France. Il a également critiqué certains discours véhiculés par les médias, en particulier sur des chaînes comme CNews : « Ce n’est pas absurde qu’aujourd’hui, sur des plateaux comme Cnews, on puisse avoir des gens qui tiennent ce genre de propos. »

Malgré le choc que ces attaques ont pu engendrer, le maire de Saint-Denis se concentre sur des actions concrètes. « C’est sûr que sur le coup, on est choqué. Mais nous devons, malgré les attaques, regarder l’essentiel. L’essentiel, pour moi, c’est d’agir pour que ça ne puisse plus avoir lieu. » Cette détermination se traduit par son engagement à dénoncer les discriminations.

Dans cette optique, Bally Bagayoko a co-signé une tribune dans Le Monde avec plusieurs maires issus de l’immigration, appelant à une prise de conscience collective face aux discriminations raciales. En parallèle, il organise un « grand rassemblement citoyen » devant la mairie de Saint-Denis pour lutter contre le racisme et promouvoir l’inclusivité au sein de la société.

Alors que les discussions sur le racisme et la diversité continuent de diviser la France, Bally Bagayoko incarne une voix qui cherche à transformer les expériences douloureuses en actions positives. Son mandat pourrait bien être un tournant pour Saint-Denis, mais aussi un modèle pour d’autres villes confrontées à des défis similaires.