Le début de mandat de Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, est marqué par une vive polémique nationale, déclenchée par des attaques racistes dans les médias. Élu dès le premier tour des municipales, il devient rapidement la cible de propos controversés, illustrant une tension grandissante autour de sa prise de fonction dans l’une des plus grandes villes d’Île-de-France. La situation a pris une tournure particulièrement préoccupante lors d’une émission diffusée sur CNews le 27 mars 2026, où des déclarations du psychologue Jean Doridot ont été interprétées comme une forme de racisme débridé, renforçant l’indignation à l’échelle nationale.
EN BREF
- Bally Bagayoko, nouveau maire de Saint-Denis, ciblé par des attaques racistes médiatiques.
- Le ministre de l’Intérieur qualifie ces propos d’« attaques ignobles » et d’« inacceptables ».
- Une plainte sera déposée par Bagayoko et des associations antiracistes.
La séquence télévisée controversée a révélé des propos de Jean Doridot, qui a fait une analogie entre les structures sociales des êtres humains et celles des grands singes, évoquant l’idée de « chef de tribu » en lien avec la fonction de Bagayoko. Ces remarques, jugées déshumanisantes par de nombreux observateurs, ont provoqué un tollé général. Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, s’est exprimé sur RTL, affirmant sa profonde indignation face à cette situation. Il a rappelé que la République française doit intégrer tous ses enfants et a souligné la nécessité de ne pas laisser passer de tels dérapages dans l’espace public.
Suite à ces événements, les réactions institutionnelles ont été nombreuses. La ministre de la Culture, Catherine Pégard, a elle aussi condamné ces attaques, rappelant que la liberté d’expression ne doit pas se faire au détriment des règles de civilité et du droit. Face à la gravité des propos tenus sur CNews, le Mouvement contre le Racisme et pour l’Amitié entre les Peuples (MRAP) a annoncé son intention de porter plainte, tout comme Bally Bagayoko lui-même, qui souhaite que de tels discours ne se banalisent pas.
Les associations antiracistes, telles que SOS Racisme, ont également souligné la présence de relents racistes dans le discours médiatique. Elles estiment que des propos comme ceux tenus pendant le débat contribuent à une normalisation inquiétante du racisme dans la sphère publique. En réponse à cette situation, Bally Bagayoko a déclaré le 28 mars qu’il déposerait plainte, un mouvement soutenu par plusieurs figures politiques, dont Mathilde Panot, cheffe des députés de La France insoumise. Cette dernière a dénoncé un « racisme crasse et décomplexé », et a saisi l’Autorité de régulation de la communication audiovisuelle (ARCOM) concernant les séquences incriminées.
La polémique s’est intensifiée avec la confirmation d’une instruction lancée par l’ARCOM sur les séquences diffusées, notamment celles où le philosophe Michel Onfray évoque une « attitude de mâle dominant » à propos de Bagayoko. Ce climat de tension est accentué par l’absence de condamnation claire de la part des plus hautes autorités de l’État, ce dont Bagayoko a fait part lors de son intervention sur France Inter, soulignant le besoin d’un engagement fort contre toutes les formes de racisme.
Parallèlement, la direction de CNews a réagi, affirmant que la polémique était infondée et dénonçant une déformation de leurs propos sur les réseaux sociaux. Ils ont évoqué des extraits « tronqués » et ont accusé certains de vouloir instrumentaliser cette situation pour alimenter la controverse. Cette affaire soulève la question du rôle des médias dans la diffusion de discours discriminants, et la ligne éditoriale de CNews se retrouve à nouveau sous le feu des critiques.
Dans un contexte où la campagne municipale avait déjà été marquée par 130 faits judiciarisés selon le ministère de l’Intérieur, cette polémique est révélatrice des tensions raciales persistantes en France. La situation de Bally Bagayoko incarne une réalité complexe, mêlant enjeux politiques et sociétaux, et soulève des interrogations sur l’état de la démocratie et de la citoyenneté dans le pays.