La controverse autour de Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, prend de l’ampleur alors qu’il fait face à de graves accusations. Alors qu’une plainte visant un système présumé d’emplois fictifs à la RATP a été déposée, l’élu a décidé de briser le silence et de s’exprimer publiquement sur ces allégations, dénonçant une campagne visant à le discréditer.
EN BREF
- Bally Bagayoko, maire de Saint-Denis, est accusé d’emplois fictifs à la RATP.
- Il dénonce une campagne de dénigrement politique et défend son parcours.
- Une enquête est en cours sur les pratiques au sein de la RATP, impliquant potentiellement 200 élus.
Depuis plusieurs jours, Bally Bagayoko est au cœur d’une vive polémique. Élu en mars dernier et membre de La France insoumise, il est visé par des accusations concernant son ancienne activité professionnelle à la RATP, qu’il exerçait parallèlement à ses mandats. Les accusations portent sur un présumé système d’emplois fictifs, suite à la publication d’un article du Canard enchaîné sur son parcours. Ce dernier a été suivi par une plainte de l’association AC !! Anti-corruption pour soupçons de détournement de fonds publics.
Le 12 août, AC !! Anti-corruption a porté une seconde plainte concernant un système d’emplois fictifs au sein de la RATP, touchant potentiellement 200 élus de divers bords politiques. Des allégations de favoritisme et de faux documents ont été évoquées. La RATP, pour sa part, a fermement rejeté ces accusations, affirmant que les règles encadrant la conciliation entre emploi et mandat électif sont respectées.
Face à ces accusations, Bally Bagayoko a choisi de s’exprimer sur le réseau social X, expliquant qu’il ne comptait pas répondre à chaque attaque, mais qu’il se sentait obligé de réagir cette fois-ci. Il a cité le témoignage de Jacques Marsaud, ancien secrétaire général de la ville de Saint-Denis et ancien dirigeant de la RATP, qui aurait contesté des éléments de son parcours mentionnés dans l’article du Canard enchaîné.
Bally Bagayoko a précisé qu’il n’avait pas été recruté « sans entretien », comme le rapportait l’article, mais qu’il avait passé « plusieurs entretiens successifs ». Il a réaffirmé avoir été recruté « sur ses compétences », et a insisté sur le fait qu’il n’avait jamais caché ses horaires de travail. Il a également évoqué que son recrutement, en 2001, s’était fait selon les procédures en vigueur pour les agents RATP.
Dans son message, le maire a critiqué la méthode employée par le Canard enchaîné, soulignant que les accusations portées contre lui manquaient de fondement. « Qui a la preuve que je n’aurais pas rempli pleinement mes missions ? Personne », a-t-il déclaré. Il a également contesté l’idée que son mandat électif puisse être assimilé à un emploi, rappelant que « être élu n’est pas un emploi » et que son mandat est encadré par la loi.
La controverse ne se limite pas à la situation de Bally Bagayoko. Elle soulève des questions plus larges sur le fonctionnement de la RATP. AC !! Anti-corruption évoque l’existence d’un « système organisé et structuré d’emplois fictifs », suggérant que certains élus auraient été rémunérés pour des postes sans activité réelle. Ces accusations, bien que non prouvées, font désormais l’objet d’une demande d’enquête auprès du Parquet national financier.
La RATP, quant à elle, a réaffirmé son engagement à respecter les règles d’emploi et a déclaré qu’elle fournirait à la justice les documents nécessaires si une enquête était ouverte. Le maire de Saint-Denis attend désormais la suite des événements avec une détermination à défendre son intégrité et son parcours.