Jordan Bardella, président du Rassemblement national (RN), a pris une décision marquante en interdisant aux élus de son parti de participer à l’émission Morandini Live sur CNews. Cette annonce, rapportée ce lundi 26 janvier et confirmée par Le HuffPost, survient en pleine tourmente suite à la condamnation définitive de l’animateur Jean-Marc Morandini pour corruption de mineurs. Ce choix vise à gérer l’embarras croissant que suscite l’implication du parti dans cette affaire délicate.
EN BREF
- Jordan Bardella a interdit aux élus RN de participer à Morandini Live sur CNews.
- Cette décision fait suite à la condamnation définitive de Jean-Marc Morandini pour corruption de mineur.
- Le Rassemblement national cherche à éviter un tollé après une semaine d’embarras et d’esquives.
Les représentants du RN ne seront donc plus visibles dans cette émission qui est diffusée quotidiennement, du lundi au vendredi. Jordan Bardella met ainsi un terme à plusieurs jours d’incertitude au sein du parti concernant la ligne à adopter face à un animateur dont la réputation est désormais ternie. Effectivement, Morandini fait face à des accusations graves depuis 2022, incluant son inscription dans le fichier des auteurs d’infractions sexuelles après sa condamnation pour corruption de mineurs.
En plus de cette sanction, Jean-Marc Morandini est également accusé de harcèlement sexuel lors de castings. Bien que son casier judiciaire s’alourdisse, il a continué à animer des émissions, suscitant une vague de critiques. Le fait que des membres du parti choisissent de s’exprimer sur CNews le jour même de sa condamnation, comme l’eurodéputé Matthieu Valet, témoigne de la complexité de la situation chirurgicale au sein du RN. Valet avait alors été accueilli malgré l’orchestration des événements judiciaires, ce qui a amplifié l’embarras ressenti par le RN un peu plus tard.
Les conséquences de la décision de Bardella
Cette décision stratégique de Jordan Bardella vient également à un moment critique, alors que le Rassemblement national se prépare pour deux séquences électorales majeures : les élections municipales et la présidentielle. Les thèmes liés à l’enfance et à la protection des mineurs sont particulièrement sensibles dans ce contexte. Les questions d’intégrité et de responsabilité des élus prennent alors une dimension encore plus sérieuse, et le RN ne souhaite pas apparaître comme complaisant envers des affaires controversées.
Des figures notables de CNews, telles que Sonia Mabrouk et Pascal Praud, ont été claires sur leur désaccord avec le maintien de Morandini à l’antenne. Ce climat d’angoisse et de désapprobation a poussé le RN à réagir afin d’éviter une débâcle potentiellement catastrophique. Ce mécontentement croissant au seins des élus montre l’importance de l’image publique dans un milieu où les enjeux restent prépondérants.
L’embarras croissant autour de Morandini
Les intervenants du RN, face aux questions médiatiques sur une éventuelle présence dans l’émission, ont souvent choisi de rester évasifs. Sébastien Chenu, vice-président du RN, a relativement éludé le sujet en indiquant que « c’est une affaire qui concerne CNews et Jean-Marc Morandini ». Ce type d’esquive se retrouve aussi dans les interventions entrevue par certains députés, qui tentent de minimiser le lien entre leur parti et une figure aussi controversée que Morandini.
Julien Odoul, également député RN, a éludé les sujets délicats en affirmant que s’impliquer dans cette affaire ne concernait pas le Rassemblement national. Cependant, ses interventions montrent une volonté de dissimuler un malaise plus profond. Fidèle à un discours qui laisse supposer un double standard, Odoul mentionne que Morandini serait victime d’une pression médiatique inégale. Néanmoins, il reste à noter que les positions du parti face à des accusations criminelles demeurent capitales pour leur avenir politique.
Il est indéniable que cette affaire aura des répercussions dans la manière dont le Rassemblement national est perçu par le public et les médias. Ce n’est pas un simple incident ; c’est un révélateur des défis auxquels le parti est confronté dans le cadre plus large d’une société où les questions de justice et de protection des plus vulnérables sont au cœur des préoccupations.
