Alors que Donald Trump exerce à nouveau ses fonctions à la Maison-Blanche, une ancienne reine de beauté suisse, Béatrice Keul, se dévoile. Finaliste de Miss Suisse et de Miss Europe dans les années 1990, elle dénonce une agression sexuelle qu’elle aurait subie de la part du milliardaire dans une suite d’hôtel new-yorkaise en 1993. Trente-trois ans après les faits, elle souhaite porter son histoire devant la justice, avec le nom de Jeffrey Epstein qui résonne dans son récit.
EN BREF
- Béatrice Keul accuse Donald Trump d’agression sexuelle survenue en 1993.
- Son témoignage évoque un système de silence entourant des figures puissantes.
- Elle vise à contraindre Trump à témoigner en justice, malgré des obstacles juridiques.
À l’âge de 22 ans, Béatrice Keul, alors mannequin en pleine ascension, reçoit une invitation de Donald Trump, alors magnat de l’immobilier. Elle voit une chance en or de faire carrière à New York. Pourtant, ce qui aurait dû être une opportunité se transforme en un véritable cauchemar. Dans une interview publiée dans Ouest-France le 16 avril 2026, elle décrit une agression brutale : « Il m’a sautée dessus comme une bête sauvage. »
Dans son récit, elle souligne la violence de l’agression, où Trump aurait usé de sa force physique pour la maîtriser, lui promettant ensuite protection si elle gardait le silence. Ce témoignage s’inscrit dans un contexte plus large, où elle évoque un environnement peuplé de « prédateurs », citant également le nom de Jeffrey Epstein, dont les affaires continuent de faire la une des journaux.
La question se pose : pourquoi Béatrice Keul a-t-elle attendu si longtemps pour parler ? Elle répond avec une lucidité frappante, évoquant la peur qui prévalait dans les années 90, où la voix des femmes était souvent étouffée. À l’époque, Donald Trump apparaissait comme une figure intouchable, loin des réflexions du mouvement #MeToo, qui n’éclatera que des décennies plus tard.
Le silence imposé par les puissants, Keul le connaît bien. Elle remarque que d’autres victimes, liées à Epstein, ont également subi ce mécanisme de silence. Pour une jeune femme suisse face à un homme d’affaires américain, le rapport de force était écrasant, rendant toute plainte presque impossible.
Désormais, Béatrice Keul s’engage à faire entendre sa voix, relayant son combat sur les réseaux sociaux. Elle documente sa démarche publiquement, déterminée à s’assurer que son récit ne soit pas étouffé à nouveau. Pourtant, faire entendre sa voix dans la presse est une chose ; amener le président des États-Unis devant un tribunal en est une autre.
Ce témoignage s’inscrit dans un contexte juridique où les accusations de violence sexuelle à l’encontre de Donald Trump ne sont pas nouvelles. En 2023, un jury civil a reconnu Trump coupable d’agression sexuelle envers la chroniqueuse E. Jean Carroll, le condamnant à verser 5 millions de dollars. Trump a toujours nié ces accusations et a fait appel, mais cela établit un précédent.
Avec son témoignage, Béatrice Keul rejoint une longue liste de femmes ayant accusé Trump de comportements allant du harcèlement à l’agression sexuelle. Parmi elles, des participantes à ses concours de beauté et des personnalités publiques. Les liens entre Trump et le réseau Epstein ne font qu’ajouter à la complexité de cette affaire.
L’objectif de Béatrice Keul est clair : elle souhaite contraindre le 47e président à témoigner. Cependant, cette ambition est entravée par la question de l’immunité présidentielle. Trump a déjà utilisé cette protection juridique dans le passé. De plus, des documents manquants dans le dossier Epstein soulèvent des interrogations sur l’étendue de l’investigation judiciaire.
Cette accusation survient à un moment où la présidence Trump est déjà sous tension, entre critiques des élus démocrates et controverses internationales. Ses partisans évoqueront une nouvelle fois la « chasse aux sorcières », une expression devenue récurrente à chaque nouvelle accusation. Mais le timing de cette révélation soulève des interrogations, certains y voyant une tentative de détourner l’attention des affaires judiciaires qui l’entourent.
Dans l’opinion publique américaine, la lassitude face aux scandales est palpable. Après des années d’accusations et de rebondissements, une partie de l’électorat considère ces affaires comme un « bruit de fond » politique. Pourtant, le témoignage de Béatrice Keul est particulier, car il provient d’une voix européenne, sans enjeu partisan, mais simplement celle d’une ancienne mannequin suisse qui se sentait piégée par un système.
La question demeure : peut-on réellement poursuivre un président en exercice pour des faits remontant à 1993 ? La réponse dépend du système juridique américain, qui fait la distinction entre les poursuites fédérales et civiles. Les poursuites civiles, comme l’affaire Clinton-Jones, pourraient théoriquement être possibles, mais cela reste à voir.
Un autre défi pour Béatrice Keul réside dans la question de la prescription. Grâce à une loi adoptée en 2022, le « Adult Survivors Act », des victimes d’agressions sexuelles anciennes bénéficient d’une fenêtre temporaire pour porter plainte. Cette loi a permis à E. Jean Carroll d’agir, mais le cadre juridique permettra-t-il à l’ancienne Miss de suivre la même voie ?
Ce qui est certain, c’est que cette affaire met en lumière un schéma troublant. Les témoignages des survivantes du réseau Epstein continuent de se multiplier. Ghislaine Maxwell a promis de révéler des vérités sous certaines conditions, et chaque nouvelle voix qui s’élève rend le silence des autres encore plus assourdissant.
Pour l’heure, Donald Trump n’a pas réagi publiquement aux accusations de Béatrice Keul. Son rapport avec les femmes qui le confrontent est bien documenté. L’avenir de cette affaire se jouera dans les tribunaux, si Béatrice Keul parvient à saisir la justice et à traîner l’homme le plus puissant du monde devant ses juges.