Benjamin Brière, ancien otage en Iran pendant 1.079 jours, a récemment partagé son expérience dans son ouvrage Azadi, sorti en octobre 2023. Après sa libération en mai, il a dû affronter une réalité administrative déconcertante à son retour en France. Son témoignage, évoqué auprès du Journal du Net, met en lumière les absurdités qu’il a rencontrées avec les institutions françaises.
EN BREF
- Benjamin Brière a dénoncé les difficultés administratives rencontrées après son retour.
- Les administrations, comme France Travail, ont montré une absence de soutien.
- L’association SOS Otages appelle à un statut pour les victimes d’otages.
Le retour de Brière a coïncidé avec celui de Cécile Kohler et Jacques Paris, deux autres otages libérés. Dans ce contexte, son récit résonne avec des problématiques actuelles. À peine rentré, il a été confronté à des refus de la part de France Travail, qui lui a obstinément nié ses droits jusqu’à ce qu’un ministre intervienne. Les services fiscaux, quant à eux, lui ont reproché de ne pas avoir rempli de déclaration d’impôts durant quatre ans, sans tenir compte de son statut d’otage. « Pourquoi n’avez-vous pas déclaré vos impôts ? » a-t-on osé lui demander. Sa réponse, simple mais tragique, fut : « J’étais détenu en Iran. » À cela, l’agent a rétorqué que sa famille aurait pu s’en charger.
Brière évoque son sentiment d’invisibilité à son retour : « J’étais radié de partout. Je n’existais plus aux yeux de la Sécurité sociale et de France Travail. J’ai dû me battre pour tout réactiver. » Son récit fait écho à des situations kafkaïennes, où l’absurde semble prédominer, exacerbée par le manque d’empathie de certains agents. Il se souvient des dialogues désarmants et des frais engagés par sa famille pour assurer son rapatriement, ainsi que pour les avocats qu’ils avaient dû engager en Iran.
En outre, Brière dénonce le manque de soutien de l’État à son retour. Cela fait écho aux préoccupations de l’association SOS Otages, qui dénonce l’absence d’un dispositif d’accompagnement adapté pour les victimes d’otages. « Nous constatons l’absence d’un dispositif d’accompagnement structuré, coordonné, équitable et adapté, permettant de garantir un véritable retour à la vie normale des victimes françaises de prises d’otage à l’étranger », souligne l’association.
Les conséquences de cette absence de soutien sont alarmantes. De nombreux anciens otages, après leur libération, vivent ce que l’on pourrait appeler une « seconde peine ». Ils se retrouvent souvent isolés socialement, en précarité financière, perdus dans des démarches administratives complexes, sans prise en charge médico-psychologique. « Cette situation est indigne de la solidarité que la Nation doit à ses citoyens les plus éprouvés », regrette SOS Otages. L’association plaide pour la création d’un statut spécifique pour les otages, afin de garantir un soutien adapté et digne pour ceux qui ont souffert de telles épreuves.
Le témoignage de Brière, ainsi que les revendications de l’association, soulignent une réalité préoccupante pour les victimes d’otages. La nécessité d’un changement est urgente pour éviter que d’autres ne se retrouvent confrontés aux mêmes absurdités administratives et à un soutien inexistant à leur retour.